
Moins de cosmétiques, moins de substances inquiétantes : les résultats apparaissent en 5 jours
Table des matières
- Des perturbateurs endocriniens dans vos cosmétiques ?
- Comment les chercheurs ont mesuré l’impact des cosmétiques
- Des résultats spectaculaires : -22 % de phtalates, -30 % de méthylparabène
- L’impact économique insoupçonné : 9,7 millions d’euros d’économies par an
- Un enjeu de santé publique : vers une réglementation plus stricte ?
Utiliser moins de produits cosmétiques et de soins peut réduire rapidement l’exposition à plusieurs substances chimiques, y compris des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés, selon une étude publiée le 7 avril dans Environment International par des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes (UGA) et du CNRS, au sein de l’Institut pour l’avancée des biosciences et soutenue par la Commission européenne.
Des perturbateurs endocriniens dans vos cosmétiques ?
Cette étude, menée auprès d’une centaine d’étudiantes, révèle que diminuer le nombre de produits cosmétiques et de soins utilisés, tout en recourant à des alternatives exemptes de composés jugés néfastes pour la santé, entraîne une baisse des concentrations urinaires de ces substances en seulement cinq jours.
Une diminution de la concentration du bisphénol A (BPA) a également été observée. Cette substance, classée par l’Union européenne comme « très préoccupante », est un perturbateur endocrinien avéré et reprotoxique présumé, désormais interdit dans les cosmétiques. Pour la première fois dans ce type d’étude, les chercheurs ont réalisé une évaluation d’impact en santé, visant à estimer les bénéfices potentiels, sanitaires et économiques, d’un tel changement de routine cosmétique à l’échelle de la population.
Comment les chercheurs ont mesuré l’impact des cosmétiques
Les substances cancérigènes et reprotoxiques sont interdites dans les cosmétiques en Europe, mais de nombreuses substances présentes dans les produits d’hygiène et les cosmétiques, telles que certains phénols, les phtalates et le méthylparabène, ont des effets délétères pour la santé. Ces substances pourraient interférer avec le système hormonal et être associées à des effets sur la fertilité et le développement de l’enfant, en particulier en cas d’exposition pendant la grossesse.
L’étude a été menée auprès d’une centaine d’étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans. Pendant cinq jours, elles ont réduit le nombre de produits cosmétiques utilisés et remplacé leurs produits d’hygiène par des alternatives fournies par l’équipe de recherche, exemptes de phénols synthétiques, de parabènes, de phtalates et d’éthers de glycol.
Des résultats spectaculaires : -22 % de phtalates, -30 % de méthylparabène
La comparaison des dosages urinaires réalisée avant et après ces cinq jours de restriction d’usage des cosmétiques montre une baisse significative des biomarqueurs d’exposition à ces substances : une diminution de 22 % pour le phtalate de monoéthyle (MEP) et de 30 % pour le méthylparabène. De plus, les scientifiques ont observé une baisse de 39 % de la concentration urinaire de bisphénol A.
L’impact économique insoupçonné : 9,7 millions d’euros d’économies par an
Les chercheurs ont estimé que ce changement de routine cosmétique pourrait prévenir environ 4 % des cas d’asthme chez les enfants exposés in utero. Ces bénéfices pour la santé pourraient également se traduire par des économies allant jusqu’à 9,7 millions d’euros par an en coûts de traitement et d’hospitalisation.
Un enjeu de santé publique : vers une réglementation plus stricte ?
Les auteurs soulignent que des mesures réglementaires sur la composition des produits et de leurs emballages seraient plus susceptibles de réduire durablement l’exposition de l’ensemble de la population. En l’absence d’indications claires sur les emballages, il est difficile pour les consommateurs d’éviter les produits contenant des substances préoccupantes.
Ces résultats soulignent l’importance de la réglementation des substances chimiques dans les produits de consommation courante pour protéger la santé de la population.
Source : Environment International, Inserm, Université Grenoble Alpes, CNRS





