Mobilité régionale : le RN, champion des promesses, se heurte aux réalités économiques !
Le fait principal
Le versement mobilité régional et rural (VMRR), une taxe censée financer les transports en commun, est désormais critiqué pour ses effets anti-économiques. Les voix s’élèvent, notamment au Sénat, pour dénoncer un frein à l’embauche et une augmentation du coût du travail.
Ce qui s’est passé
Début septembre, une mission d’information du Sénat a pointé du doigt le VMRR, une recette de plus de 12 milliards d’euros, en affirmant qu’elle entrave l’embauche et l’augmentation des salaires. Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, a embrassé ces critiques, rejoignant le Medef dans cette bataille. Pendant ce temps, les élus des grandes villes font pression pour augmenter le plafond de cette taxe dans le projet de budget pour 2027. Les régions, quant à elles, ont adopté cette nouvelle ressource avec prudence. Sept d’entre elles l’ont instaurée, mais les taux varient : trois régions l’ont fixé au maximum de 0,15%, tandis que d’autres, comme Provence-Alpes-Côte d’Azur, ont opté pour un taux plus bas. Les présidents de plusieurs régions, dont Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France, s’opposent à cette taxe, invoquant la compétitivité des entreprises.
Le contexte
Le VMRR a été institué par la loi de finances pour 2025, et son assiette est basée sur les salaires bruts des entreprises de plus de 11 salariés. Les critiques fusent, arguant qu’il s’agit d’un impôt de production qui renchérit le coût du travail. Philippe Juvin souligne que ce surcoût de 64,84 euros par an pour un salarié au salaire brut moyen est préoccupant. En effet, le VMRR pourrait générer jusqu’à 760 millions d’euros par an, mais cela reste insuffisant pour répondre aux besoins de financement des transports.
Les chiffres à retenir
– VMRR : recette de plus de 12 milliards d’euros.- Surcoût de 64,84 euros par an pour un salarié au salaire brut moyen (3.602 euros par mois en 2024).- Potentiel de 760 millions d’euros par an pour les régions éligibles.- Taux de 0,15% appliqué dans trois régions (Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine).
Ce que cela révèle
Ce débat met en lumière les contradictions au sein de la classe politique. D’un côté, les grandes villes, en quête de financements pour des transports publics efficaces, poussent pour une hausse du VMRR. De l’autre, les représentants des régions se battent contre ce qu’ils considèrent comme un obstacle à la création d’emplois. En somme, le RN et les forces de droite, qui prétendent défendre les intérêts des entreprises, se retrouvent face à un dilemme : soutenir une taxe qui pourrait nuire à l’emploi ou se ranger du côté des grandes villes pour améliorer la mobilité. Un choix cornélien qui illustre bien les tensions entre promesses politiques et réalités économiques.
Ce qu’il faut retenir
Le VMRR, censé être un levier pour le financement des transports en commun, devient un sujet de discorde, révélant les fractures au sein de la classe politique entre ceux qui veulent investir dans la mobilité et ceux qui craignent pour la compétitivité des entreprises. Une situation qui pourrait bien devenir un enjeu majeur dans le débat public à l’approche des élections.
Source : Localtis
