
Mineures fugueuses en danger de prostitution : mieux repérer et accompagner les jeunes victimes
Mieux signaler et accompagner les mineures en fugue et en situation de prostitution est désormais une priorité. Un protocole a été mis en place à l’initiative de la section des mineurs et de la famille du parquet de Lille. Ce mode opératoire s’adresse aux professionnels de la protection de l’enfance, de l’éducation nationale, ainsi qu’aux soignants et enquêteurs amenés à accueillir ces enfants.
Le Procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, souligne l’ampleur du phénomène : « En France, il y a environ 7 000 enfants qui sont dans la prostitution. Le parquet de Lille a traité, en 2025, 80 dossiers de mineurs en situation de prostitution. » Il évoque également un « chiffre noir » de cas non signalés.
Ce protocole se distingue par la mise en place d’une grille d’analyse permettant aux professionnels de mieux identifier les situations à risque. Marie Tonnerre, vice-présidente du département du Nord, souligne l’importance de la collaboration entre les différentes parties prenantes : « C’est le fait de pouvoir travailler tous ensemble, pas chacun dans nos couloirs. »
L’objectif est clair : plus les mineures en fugue et à risque de prostitution sont repérées rapidement, plus elles peuvent être sorties des réseaux de prostitution.
Clarisse Limousin, substitut au Parquet de Lille, insiste sur l’importance du retour de fugue : « C’est un moment clé pour sortir du réseau de prostitution. » Elle appelle à une coordination des acteurs pour garantir un accueil adéquat sur les plans sanitaire, judiciaire et social.
L’association Solfa, qui héberge certaines de ces jeunes filles, rappelle l’urgence d’agir. Hélène Bodart, directrice de l’association, déclare : « On a affaire à des adolescentes. Si elles sont prêtes à déposer plainte ou à bénéficier de soins, c’est maintenant. »
La directrice indique que la plupart des jeunes filles accueillies ont entre 12 et 21 ans, dont les trois-quarts sont confiées à l’Aide sociale à l’enfance. Elle précise que ces cas touchent toutes les classes sociales.
Marie Tonnerre ajoute que l’Observatoire de la protection de l’enfance estime à 140 le nombre d’enfants victimes de prostitution dans le Nord. Elle souligne également que beaucoup de ces jeunes ne se considèrent pas comme victimes, en particulier dans les catégories socioprofessionnelles supérieures, car la prostitution peut ne pas être rémunérée, mais se traduire par des échanges de cadeaux.
Cette initiative vise à améliorer la prise en charge des mineures en fugue et à lutter efficacement contre la prostitution juvénile, un fléau qui nécessite une mobilisation collective.
Source : France 3 Régions






