
« Métisses. Cinq femmes contre un crime d’État »
FAIT PRINCIPAL
En 2024, un jugement en appel a reconnu Monique Bitu Bingi, Marie-José Loshi, Simone Vandenbroecke Ngalula, Noëlle Verbeken et Léa Tavares Mujinga comme victimes de crimes contre l’humanité. Ces femmes, nées d’une mère congolaise et d’un père colon belge, avaient été enlevées à leur famille entre l’âge de deux et cinq ans par les autorités coloniales belges. Elles ont été placées dans une institution religieuse à Katende, où elles sont restées jusqu’à l’abandon par les sœurs pendant la période troublée suivant l’indépendance de la République démocratique du Congo en 1960.
CONTEXTE FACTUEL
Les témoignages des cinq femmes, ainsi que les étapes du procès, forment la base du documentaire « Métisses. Cinq femmes contre un crime d’État », réalisé par Quentin Noirfalisse et Jean-Charles Mbotti Malolo. Ce film utilise des séquences d’animation pour illustrer les expériences traumatisantes vécues par ces femmes pendant leur enfance. Selon Noirfalisse, l’animation a été choisie en raison du manque de documents d’époque et pour aborder des thématiques difficiles telles que les violences sexuelles et la maltraitance des enfants.
DONNÉES OU STATISTIQUES
Le jugement de 2024 a été précédé par un premier verdict en 2021 qui avait été défavorable aux plaignantes. La cour d’appel de Bruxelles a finalement statué en faveur des victimes, entraînant une réparation de 50.000 euros pour chacune d’elles. En 2019, le Premier ministre belge Charles Michel avait présenté des excuses au nom de l’État pour ces actes.
CONSÉQUENCE DIRECTE
Ce jugement marque une étape historique, car c’est la première fois qu’un État colonial est condamné pour crimes contre l’humanité. Il soulève des questions sur la responsabilité de l’État belge dans les politiques raciales menées durant la période coloniale, et appelle à une réflexion sur les réparations à apporter aux victimes.
Source : Axelle Magazine





