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Mayotte : Une Éducation en Crise
À Mayotte, plus de 15 000 enfants sont privés d’école, un constat alarmant qui soulève des préoccupations profondes quant à l’état du système éducatif. Depuis le 21 avril, les syndicats enseignants ont entamé une grève pour s’opposer à la suppression de 90 postes annoncée par le rectorat. Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU Mayotte, a déclaré que ce mouvement vise à alerter sur le manque de moyens humains et de politique qui affecte l’éducation dans l’archipel.
Mercredi 22 avril, sur France Inter, Benoît Hamon, président du réseau d’économie sociale et solidaire (ESS France), a dénoncé un État jugé « démissionnaire » face à ses missions fondamentales. Bien que l’éducation soit gratuite et obligatoire de 3 à 16 ans, une partie importante de la jeunesse mahoraise ne peut y accéder.
Une Crise Persistante
Le déficit de scolarisation s’explique en partie par des freins administratifs. Un rapport de Human Rights Watch a révélé que certaines exigences d’inscription dépassent largement celles prévues par le code de l’éducation. Des communes demandent des actes de naissance récents, des justificatifs de sécurité sociale, et même des avis d’imposition récents, créant des obstacles insurmontables pour de nombreuses familles.
Dans un territoire où huit enfants sur dix vivent dans une grande pauvreté, ces exigences engendrent des coûts que beaucoup ne peuvent assumer. Des responsables politiques locaux ont reconnu que ces pratiques visent à réguler le taux de scolarisation.
Les familles migrantes, qui représentent près de la moitié de la population, rencontrent des obstacles supplémentaires. La crainte de contrôles d’identité près des écoles dissuade de nombreux parents d’accompagner leurs enfants. Les lois d’immigration adoptées en 2018, puis durcies en 2025, ont restreint le droit du sol, rendant l’accès à l’éducation encore plus difficile.
Le Spectre de Chido
Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en décembre 2024, a aggravé une situation déjà critique. Selon un rapport d’Unicef, 40 % des établissements scolaires ont été détruits. À la rentrée 2025, de nombreux élèves se retrouvaient dans des conditions d’apprentissage dégradées, comme des préfabriqués ou des tentes.
Cependant, la crise éducative à Mayotte ne date pas de ce cyclone. Depuis plus de vingt ans, le manque de salles de classe a conduit à un système de « rotation », où certains élèves assistent aux cours le matin et d’autres l’après-midi. Avant même la catastrophe, près de 15 000 enfants étaient déjà privés d’une journée complète d’enseignement.
Pour faire face à cette situation, le rectorat a mis en place des classes itinérantes, dispensant des cours en dehors des établissements scolaires, mais cela ne couvre qu’une prise en charge théorique de dix heures par semaine.
Des Retards sur les Chantiers de Reconstruction
La loi pour la refondation de Mayotte, votée en 2025, avait pour objectif de mettre fin aux dispositifs d’enseignement précaires d’ici 2031. Élisabeth Borne, alors ministre de l’éducation, a annoncé la création d’un fonds de 100 millions d’euros pour soutenir la reconstruction. Cependant, de nombreuses communes dénoncent des retards de versement, les empêchant de régler les entreprises engagées dans les chantiers. Ainsi, certaines écoles enchaînent jusqu’à cinq rotations quotidiennes.
De plus, la majorité des établissements scolaires de Mayotte ne disposent pas de cantine. Seule une collation est proposée aux familles pouvant payer une cotisation annuelle. Pour beaucoup d’enfants, cette collation représente leur unique repas de la journée.
Face à cette situation, il est crucial d’anticiper les coûts liés à l’éducation et de comparer les solutions disponibles pour améliorer l’accès scolaire. Pour ceux qui envisagent de voyager à Mayotte, réserver un vol ou un logement peut également offrir une perspective de soutien aux initiatives locales.
Dans ce contexte, il est impératif de développer des solutions durables pour garantir que chaque enfant à Mayotte puisse bénéficier d’une éducation de qualité, sans barrières administratives ou économiques.


