Lors des futures missions vers Mars, les astronautes devront
gérer seuls des urgences médicales sans possibilité de retour
rapide sur Terre. Parmi les scénarios redoutés, la colique
néphrétique figure en bonne place, favorisée par la micropesanteur.
Le drainage de rein en apesanteur devient ainsi une piste concrète
pour répondre à ce risque en environnement spatial.
Table Of Content
- Huit radiologues embarqués à bord de l’Airbus zéro-g piloté par Thomas Pesquet
- Un drainage de rein en apesanteur simulé sur mannequin
- Soigner un astronaute en route vers Mars sans dépendre de la Terre
- Ce qui se passe réellement
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Huit radiologues embarqués à bord de l’Airbus zéro-g piloté par
Thomas Pesquet
Mardi 18 mars, un Airbus A310 a décollé de l’aéroport de
Bordeaux-Mérignac pour une mission hors du commun. À son bord, huit
radiologues français se sont relayés pour tester la faisabilité
d’un drainage de rein en conditions de micropesanteur. L’avion,
exploité par la société Novespace, filiale du CNES, effectue des
vols paraboliques. En suivant une trajectoire en forme de cloche,
il recrée l’apesanteur pendant environ 22 secondes par parabole,
sans jamais quitter l’atmosphère.
Comme le rapporte Le Parisien, c’est
Thomas Pesquet, astronaute et directeur général de Novespace,
qui pilotait l’appareil. L’expérience s’est déroulée sur trois
jours, avec des équipes se succédant lors de chaque vol. L’écrivain
Bernard Werber faisait également partie des passagers invités à
assister à cette première mondiale.
En effet, la Société française de radiologie (SFR) avait postulé
à trois reprises avant d’obtenir un créneau de vol, un processus
qui témoigne de la forte demande pour ces campagnes scientifiques.
Cinq années de préparation ont été nécessaires pour concevoir un
protocole adapté aux contraintes de la gravité zéro.

Un drainage de rein en apesanteur simulé sur mannequin
Le geste testé est une néphrostomie, c’est-à-dire la pose d’un
drain dans le rein à l’aide d’une aiguille guidée par échographie.
En milieu hospitalier, cette intervention permet de soulager une
obstruction urinaire, par exemple lors d’une colique néphrétique.
Toutefois, les chercheurs ne l’avaient jamais réalisée en l’absence
de gravité.
Comme l’explique Healthcare in Europe, le
professeur Vincent Vidal, chef du service de radiologie
interventionnelle à l’hôpital de la Timone à Marseille, porte ce
projet depuis 2020 en partenariat avec le CNES et le MEDES,
l’institut de médecine et de physiologie spatiales.
Concrètement, les astronautes doivent arrimer tous les outils
pour éviter qu’ils ne flottent hors de portée. Les circuits de
drainage doivent fonctionner en boucle fermée afin d’empêcher les
fluides corporels de se disperser dans la cabine. De plus,
l’équipement doit être compact, léger et résistant au feu,
conformément aux normes spatiales.
Par ailleurs, le challenge MITBO (Mars IR ToolBox), lancé par la
SFR et le CNES, avait réuni six équipes de radiologues pour
concevoir une boîte à outils interventionnelle destinée aux
missions lointaines. Le matériel avait déjà été testé en 2023
lors de la mission analogue Asclépios III en Suisse. L’expérience
bordelaise constitue l’étape suivante, en conditions réelles de
micropesanteur.
Soigner un astronaute en route vers
Mars sans dépendre de la Terre
L’enjeu dépasse le simple exercice technique. Lors d’un
voyage vers Mars, le délai de communication avec la Terre
atteint 20 minutes dans chaque sens. Autrement dit, un astronaute
victime d’une urgence abdominale ne pourrait pas compter sur un
guidage médical en temps réel depuis le sol. Il devrait être
capable d’agir seul ou avec l’aide de ses collègues.
Or, les calculs rénaux sont l’un des problèmes de santé les plus
fréquents en micropesanteur. L’absence de gravité favorise en effet
la cristallisation des minéraux dans les reins, et une évacuation
médicale en urgence reste impossible lorsqu’un équipage se trouve à
plusieurs mois de la Terre. La radiologie interventionnelle, grâce
à des sondes échographiques portables et des cathéters miniatures,
offre une solution légère et polyvalente, bien adaptée aux
contraintes de poids et d’espace des
vaisseaux spatiaux.
Désormais, les résultats de cette campagne de vols paraboliques
seront analysés puis publiés dans des revues spécialisées en
radiologie interventionnelle. Le professeur Vidal envisage à terme
une intégration de cette boîte à outils dans le programme Artemis
de la NASA, destiné à
ramener des humains sur la Lune. En parallèle, ces techniques
développées pour l’espace pourraient aussi bénéficier à la médecine
dans des zones isolées sur Terre, où l’accès à un bloc opératoire
reste limité.
Mars : Urgences médicales en apesanteur, un défi pour les astronautes
Les astronautes en route vers Mars devront gérer des urgences médicales sans retour rapide sur Terre, avec la colique néphrétique en tête des préoccupations. Un drainage de rein en apesanteur, voilà une solution qui fait réfléchir.
Ce qui se passe réellement
Lors des futures missions vers Mars, les astronautes devront gérer seuls des urgences médicales sans possibilité de retour rapide sur Terre. Parmi les scénarios redoutés, la colique néphrétique figure en bonne place, favorisée par la micropesanteur. Le drainage de rein en apesanteur devient ainsi une piste concrète pour répondre à ce risque en environnement spatial.
Mardi 18 mars, un Airbus A310 a décollé de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac pour une mission hors du commun. À son bord, huit radiologues français se sont relayés pour tester la faisabilité d’un drainage de rein en conditions de micropesanteur. L’avion, exploité par la société Novespace, filiale du CNES, effectue des vols paraboliques. En suivant une trajectoire en forme de cloche, il recrée l’apesanteur pendant environ 22 secondes par parabole, sans jamais quitter l’atmosphère.
Comme le rapporte Le Parisien, c’est Thomas Pesquet, astronaute et directeur général de Novespace, qui pilotait l’appareil. L’expérience s’est déroulée sur trois jours, avec des équipes se succédant lors de chaque vol. L’écrivain Bernard Werber faisait également partie des passagers invités à assister à cette première mondiale.
En effet, la Société française de radiologie (SFR) avait postulé à trois reprises avant d’obtenir un créneau de vol, un processus qui témoigne de la forte demande pour ces campagnes scientifiques. Cinq années de préparation ont été nécessaires pour concevoir un protocole adapté aux contraintes de la gravité zéro.
Pourquoi cela dérange
Le geste testé est une néphrostomie, c’est-à-dire la pose d’un drain dans le rein à l’aide d’une aiguille guidée par échographie. En milieu hospitalier, cette intervention permet de soulager une obstruction urinaire, par exemple lors d’une colique néphrétique. Toutefois, les chercheurs ne l’avaient jamais réalisée en l’absence de gravité.
Comme l’explique Healthcare in Europe, le professeur Vincent Vidal, chef du service de radiologie interventionnelle à l’hôpital de la Timone à Marseille, porte ce projet depuis 2020 en partenariat avec le CNES et le MEDES, l’institut de médecine et de physiologie spatiales.
Concrètement, les astronautes doivent arrimer tous les outils pour éviter qu’ils ne flottent hors de portée. Les circuits de drainage doivent fonctionner en boucle fermée afin d’empêcher les fluides corporels de se disperser dans la cabine. De plus, l’équipement doit être compact, léger et résistant au feu, conformément aux normes spatiales.
Ce que cela implique concrètement
L’enjeu dépasse le simple exercice technique. Lors d’un voyage vers Mars, le délai de communication avec la Terre atteint 20 minutes dans chaque sens. Autrement dit, un astronaute victime d’une urgence abdominale ne pourrait pas compter sur un guidage médical en temps réel depuis le sol. Il devrait être capable d’agir seul ou avec l’aide de ses collègues.
Or, les calculs rénaux sont l’un des problèmes de santé les plus fréquents en micropesanteur. L’absence de gravité favorise en effet la cristallisation des minéraux dans les reins, et une évacuation médicale en urgence reste impossible lorsqu’un équipage se trouve à plusieurs mois de la Terre. La radiologie interventionnelle, grâce à des sondes échographiques portables et des cathéters miniatures, offre une solution légère et polyvalente, bien adaptée aux contraintes de poids et d’espace des vaisseaux spatiaux.
Lecture satirique
Il est fascinant de constater que, dans un monde où l’on peine à gérer des urgences médicales sur Terre, nous nous préparons à envoyer des astronautes dans l’espace avec des outils de chirurgie qui flottent. Pendant que certains s’inquiètent de la montée des extrêmes politiques sur notre planète, d’autres s’attaquent à des problèmes d’un autre monde. Qui aurait cru que la colique néphrétique deviendrait le nouveau fléau des missions martiennes ?
Effet miroir international
Ce projet soulève des questions sur notre capacité à gérer des crises médicales dans des environnements extrêmes. Pendant que certains pays, comme les États-Unis ou la Russie, s’enlisent dans des politiques autoritaires et des discours déconnectés de la réalité, d’autres, comme la France, semblent se concentrer sur des défis interstellaires. Une belle ironie, n’est-ce pas ?
À quoi s’attendre
Désormais, les résultats de cette campagne de vols paraboliques seront analysés puis publiés dans des revues spécialisées en radiologie interventionnelle. Le professeur Vidal envisage à terme une intégration de cette boîte à outils dans le programme Artemis de la NASA, destiné à ramener des humains sur la Lune. En parallèle, ces techniques développées pour l’espace pourraient aussi bénéficier à la médecine dans des zones isolées sur Terre, où l’accès à un bloc opératoire reste limité.
Sources
Source : www.science-et-vie.com



