Quartier de Myeong-dong, à Séoul, en 1958 ; photographie de Han Youngsoo.

Depuis une dizaine d’années, la K-beauty – la beauté coréenne –, fondée sur le teint cristallin, les routines de soin et les produits cosmétiques qui lui sont associés, inonde le marché mondial. Nourri par la K-pop et les séries de K-drama pleines de jeunes gens aux traits parfaitement lissés, cet engouement n’est pas dû qu’aux prouesses du marketing et de la globalisation. A travers l’exposition « K-beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène », le Musée Guimet, à Paris, entend retracer la genèse de cette déferlante coréenne qui s’inscrit dans le sillage d’un art millénaire.

L’exposition immerge d’abord le visiteur dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, à l’ère du Joseon tardif, dominée par la dynastie des Yi. S’offrant rarement aux regards masculins, les femmes de la haute société vivent alors dans des appartements séparés, où elles se livrent à des rituels de soin très codifiés.

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K-beauty : La Beauté Coréenne, un Phénomène à la Mode ou une Illusion ?

La K-beauty, ce phénomène mondial, cache-t-il une réalité bien plus complexe ? Entre promesses de perfection et dérives marketing, la beauté coréenne pourrait bien être le miroir déformant de nos aspirations.

Depuis une dizaine d’années, la K-beauty – la beauté coréenne – inonde le marché mondial, portée par un teint cristallin et des routines de soin dignes d’un rituel sacré. Nourri par la K-pop et les K-dramas, cet engouement n’est pas qu’une question de marketing. À travers l’exposition « K-beauty. Beauté coréenne, histoire d’un phénomène », le Musée Guimet à Paris retrace la genèse de cette déferlante, qui s’inscrit dans le sillage d’un art millénaire. Mais derrière cette façade lisse, que se cache-t-il vraiment ?

Ce qui se passe réellement

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, à l’ère du Joseon tardif, les femmes de la haute société coréenne vivaient dans des appartements séparés, s’adonnant à des rituels de soin très codifiés. Ces pratiques, souvent invisibles aux regards masculins, témoignent d’une culture de la beauté ancrée dans des siècles d’histoire. Mais aujourd’hui, alors que la K-beauty se propage comme une traînée de poudre, on pourrait se demander si cette quête de perfection n’est pas un retour déguisé à des normes de beauté oppressives.

Pourquoi cela dérange

La K-beauty promet un teint parfait, mais à quel prix ? Les standards de beauté véhiculés par les médias et les influenceurs sont souvent inaccessibles, créant une pression insidieuse sur des millions de consommateurs. Les rituels de soin deviennent des obligations, et la quête de la perfection se transforme en une forme de servitude moderne. Ironiquement, alors que la beauté coréenne est célébrée pour sa diversité, elle semble en réalité promouvoir un idéal unique et stéréotypé.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette obsession pour la perfection sont multiples. D’une part, on assiste à une explosion de l’industrie cosmétique, mais d’autre part, cette frénésie peut mener à des problèmes d’estime de soi et à des troubles alimentaires. Les jeunes, en particulier, sont de plus en plus exposés à des images retouchées qui façonnent leur perception de la beauté. Une réalité qui semble à des années-lumière des rituels de soin traditionnels, où la beauté était synonyme de bien-être.

Lecture satirique

Ah, la K-beauty ! Un concept qui nous fait croire que l’on peut acheter la perfection en une simple routine de soins. Comme si un masque en tissu pouvait effacer des siècles de patriarcat et d’idéaux inaccessibles. Les promesses de la K-beauty sont aussi crédibles que celles d’un politicien en campagne électorale : pleines de promesses, mais souvent dénuées de substance. Qui aurait cru que le chemin vers l’acceptation de soi passerait par une étagère remplie de crèmes et de sérums ?

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette obsession pour la beauté rappelle les dérives autoritaires où l’apparence prime sur l’essence. Aux États-Unis, les discours politiques sur l’« American Dream » s’accompagnent d’une pression constante pour correspondre à un idéal de réussite souvent inatteignable. En Russie, la propagande utilise des images de perfection pour promouvoir un nationalisme exacerbé. La K-beauty, en somme, n’est qu’un reflet de ces dynamiques globales où l’apparence devient une arme de contrôle.

À quoi s’attendre

À l’avenir, il est probable que la K-beauty continue d’évoluer, mais la question demeure : vers quelle direction ? Une prise de conscience collective pourrait-elle mener à une redéfinition des standards de beauté ? Ou bien, la quête de perfection continuera-t-elle à alimenter une industrie qui prospère sur nos insécurités ? Seul le temps nous le dira.

Sources

Source : www.lemonde.fr

Au Musée Guimet, à Paris, l’art coréen de la beauté
Visuel — Source : www.lemonde.fr
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