Maroc et Émirats : une alliance inattendue pour contrer l’Algérie en Mauritanie, vraiment ?
Le fait principal
Le Maroc et la Mauritanie ont signé un accord-cadre le 21 septembre dernier à Rabat pour la réhabilitation et l’élargissement de la RN4, un projet présenté comme un simple moyen de fluidifier les échanges entre Nouakchott et Nouadhibou. Pourtant, son impact stratégique dépasse largement cette ambition.
Ce qui s’est passé
Avec la mise en œuvre de la RN4, le Maroc vise à établir une continuité terrestre vers Dakhla, en territoire sahraoui occupé. Le ministre marocain de l’Équipement, Nizar Baraka, a déjà évoqué la liaison Nouakchott-Dakhla, renforçant ainsi l’axe Dakhla-Guerguerat-Nouadhibou-Nouakchott, qui devient la colonne vertébrale de l’ambition marocaine vers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Ce projet s’inscrit dans une dynamique visant à contrecarrer les ambitions algériennes dans la région.
Le contexte
La Mauritanie, déjà dotée d’un corridor routier vers Bamako, se retrouve au cœur de deux projets de corridors concurrents, celui du Maroc et celui de l’Algérie. Ce double jeu lui permet d’attirer des investissements, mais soulève des questions sur sa prétendue neutralité concernant le Sahara occidental, un territoire toujours considéré comme non autonome par l’ONU.
Les chiffres à retenir
Le futur port de Dakhla Atlantique, dont la mise en service est prévue pour 2028, représente un investissement de près d’un milliard de dollars. De plus, la Mauritanie est déjà reliée à Bamako par un axe de 1 350 kilomètres, facilitant l’accès au marché malien.
Ce que cela révèle
Derrière cette initiative se cache une volonté marocaine de contrôler les flux commerciaux vers le Sahel, tout en intégrant progressivement la Mauritanie dans son dispositif économique. La neutralité mauritanienne face à ce projet devient de plus en plus difficile à maintenir, surtout quand on sait que le peuple sahraoui continue de revendiquer son droit à l’autodétermination. En parallèle, les Émirats arabes unis, avec leurs investissements, renforcent encore cette emprise marocaine sur la région, tout en éloignant la Mauritanie de l’Algérie.
Ce qu’il faut retenir
La route Dakhla-Nouadhibou-Nouakchott n’est pas qu’un simple projet d’infrastructure. Elle est le reflet d’une bataille géopolitique plus large, où la Mauritanie se retrouve prise entre deux feux, celle de l’ambition marocaine et celle des intérêts émiratis, au détriment d’un peuple sahraoui toujours en quête de justice.
Sources : TSA Algérie
