
À Agen, la marche blanche en mémoire d’Angelyne Taillefer a rassemblé proches et habitants dans un silence lourd, entre recueillement, larmes et colère face aux violences faites aux femmes.
« Elle restera gravée dans notre cœur. » Cette phrase a résonné tout au long de la marche blanche organisée ce samedi 16 mai à Agen en mémoire d’Angelyne Taillefer, 29 ans, tuée au début du mois de mai. Murmurée à voix basse, elle a uni les participants dans une même douleur.
Le cortège a débuté à 15 heures depuis la résidence autonomie La Salève, où les proches s’étaient donné rendez-vous. Les participants ont traversé plusieurs rues de la ville dans un silence presque total, avant de rejoindre l’allée Châteaubriand, près de l’endroit où le corps de la jeune femme a été découvert, au pied d’un arbre devenu un lieu de recueillement.
Un cortège figé entre douleur et recueillement
« C’est injuste… » Au fil des rues, la marche avançait lentement, comme suspendue. Les conversations étaient rares, remplacées par des regards lourds de sens et des mains serrées. Le bruit de la ville semblait s’effacer derrière la gravité du moment, et même les pleurs restaient contenus.
À mesure que le cortège se rapprochait du lieu du drame, l’émotion s’intensifiait. Sur place, un arbre s’imposait comme point central de l’hommage, orné de fleurs rouges et roses, ainsi que d’une feuille blanche portant le prénom d’Angelyne. Au pied du tronc, des bougies vacillaient, et chacun s’avançait pour y déposer une fleur ou une pensée.
Témoignages entre hommage et colère
« C’était une personne avec un énorme cœur », confiait Pedro, ami de la victime. Il décrivait Angelyne comme une jeune femme attentive et réconfortante. « Elle m’a appris que les hommes ont le droit de pleurer », ajoutait-il, avant que son émotion ne laisse place à la colère : « Il va falloir taper du poing sur la table, il y a beaucoup de femmes qui souffrent de ça. »
D’autres témoignages se faisaient entendre, renforçant le sentiment d’unité face à la tragédie. Une participante, membre d’une association, soulignait l’urgence d’une mobilisation plus forte contre les violences faites aux femmes, évoquant « encore un féminicide de plus ».
Un hommage collectif, entre gestes et silence
Autour du lieu de mémoire, les gestes remplaçaient peu à peu les mots. Des bras s’enlaçaient, des proches pleuraient, d’autres restaient là, en silence. Une banderole blanche, ornée de photos d’Angelyne, était installée puis recouverte de bougies, devenant un symbole du deuil partagé.
À la fin de la cérémonie, une musique créée en mémoire de la jeune femme a résonné dans un silence pesant. Les participants, certains immobiles, d’autres s’éloignant lentement, semblaient tous porter une même volonté : celle de ne pas oublier Angelyne et de réclamer justice.
Source : La Dépêche





