Avec L’Insensé, paru chez Dargaud le 2 octobre 2026, Manu Larcenet met en scène Francis, un dessinateur solitaire qui cherche à renouer avec ses enfants. Le personnage partage plusieurs traits avec son créateur, qui évoque notamment leur rapport à la campagne et son diagnostic de bipolarité. (dargaud.com)

Un dessinateur à l’écart du monde
Francis vit seul à la campagne et travaille comme dessinateur. Il croise peu de monde, un isolement qui lui convient. Mais, au soir de sa vie, il tente de retisser les liens avec ses enfants, dont il s’est éloigné.
Manu Larcenet ne cache pas son attachement à cette bande dessinée. « J’ai eu du mal à parler du livre parce que je l’aime beaucoup celui-là », confie-t-il. Le récit, plus sombre que ne le laisse entendre l’enthousiasme de l’auteur, emprunte à sa propre expérience sans se confondre avec elle.
La campagne, une source d’inspiration
Le décor fait écho aux souvenirs d’enfance de Larcenet, notamment aux vacances passées en Mayenne. Il se rappelle la liberté de ces séjours : courir dans la campagne, aller à la rivière, observer les vaches ou aider à traire. Il explique avoir ensuite choisi une vie dans une maison à la campagne, loin des voisins, et avoir donné à Francis un cadre qui lui ressemble.
La nature nourrit aussi le dessin. Larcenet évoque le bleu intense du ciel d’été, couleur reprise pour la couverture, ainsi que les oiseaux et d’autres détails du paysage qui viennent enrichir le récit. Ces éléments donnent une place aux gestes ordinaires, plutôt qu’aux grands événements.
La relation entre Francis et un enfant du voisinage en est un exemple : chaque semaine, le dessinateur lui offre un petit chat dessiné. Pour Larcenet, ce rendez-vous régulier suffit à faire exister un lien. Il y voit une forme de routine et une attention modeste, mais importante.
La bipolarité au cœur du récit
Francis partage également avec son auteur un diagnostic de bipolarité. Dans l’histoire, la maladie a contribué à l’éloigner de ses enfants ; le personnage suit désormais un traitement. Larcenet raconte, pour sa part, avoir commencé le sien à 34 ans et avoir d’abord craint qu’il nuise à sa créativité.
Il explique que le traitement a changé son quotidien en deux semaines. Revenant sur son enfance, il dit avoir longtemps cru les adultes qui lui assuraient que son mal-être passerait en grandissant. Son témoignage éclaire une dimension personnelle de L’Insensé, où le rapprochement familial se noue au fil d’émotions et de relations parfois ténues.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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