Parties d’une grève au lycée Antoine de Saint-Exupéry de Créteil, les mobilisations lycéennes de septembre et octobre 2026 ont porté des revendications sur les effectifs, les locaux et les conditions d’étude. Elles font aussi écho à des difficultés rapportées dans plusieurs pays européens, des sanitaires insuffisants en Roumanie aux salles préfabriquées en Grèce.

Des revendications liées au quotidien scolaire

Le 17 septembre, des enseignants du lycée public Antoine de Saint-Exupéry, dans le Val-de-Marne, se sont mis en grève pour dénoncer notamment le manque de personnel et des conditions de travail dégradées. Le mouvement a ensuite gagné d’autres établissements et villes.
Les élèves réclament le remplacement des enseignants absents, des classes moins chargées et des locaux propres, équipés et adaptés. Ils demandent également des emplois du temps allégés. Les sanitaires figurent parmi les préoccupations : des lycéens signalent des toilettes insalubres, des portes cassées ou un manque de papier.
Les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur alimentent aussi la contestation. Des élèves et des enseignants critiquent Parcoursup, la plateforme où les candidats formulent leurs vœux, qu’ils jugent injuste ou insuffisamment transparente.
Des bâtiments anciens et des classes chargées
Les données françaises sur l’état des établissements éclairent une partie de ces inquiétudes. Selon l’édition 2026 des « Repères et références statistiques » du ministère de l’Éducation nationale, les bâtiments des lycées professionnels ont en moyenne 71 ans, contre 65 ans pour ceux des lycées généraux et technologiques. À l’échelle des établissements publics du second degré, l’ancienneté moyenne atteint 60 ans ; 15 % des bâtiments ont été construits ou rénovés depuis 2015. (education.gouv.fr)
La question des moyens humains se conjugue à celle des inégalités scolaires. Les résultats français de PISA 2025 montrent un écart de 100 points en sciences entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés, contre 85 points en moyenne dans les pays de l’OCDE. L’organisation relève également qu’en France, 45 % des élèves fréquentent un établissement où le chef d’établissement estime que le manque d’enseignants entrave au moins dans une certaine mesure l’enseignement. (oecd.org)
Dans le mouvement français, des enseignants mettent aussi en cause les effets de ces inégalités sur l’orientation. Une professeure de lycée interrogée par Voxeurop estime que les élèves des territoires défavorisés, où les absences d’enseignants sont fréquentes, rencontrent davantage d’obstacles pour accéder aux formations qu’ils souhaitent.
Des situations contrastées en Europe
Les difficultés ne se limitent pas à la France. En Roumanie, au moins 97 écoles publiques réparties dans 16 départements ont été recensées avec des installations sanitaires jugées insuffisantes : certaines disposent de toilettes extérieures, d’autres n’ont pas l’eau courante ou ne sont pas raccordées au réseau d’assainissement. Le 9 octobre 2026, le gouvernement a prévu 7,849 millions de lei, soit environ 1,6 million d’euros, pour des travaux dans ces établissements.
En Grèce, près des deux tiers des bâtiments scolaires auraient été construits avant 1985. Selon les données PISA 2025 rapportées par le journal grec Efsyn, 47 % des élèves de 15 ans fréquentent des établissements dont les responsables signalent des infrastructures qui entravent l’enseignement ; 46 % sont dans des écoles où un manque d’enseignants est signalé. À Héraklion, en Crète, la présidente du conseil des élèves de l’École d’art décrit des cours dispensés pour la plupart dans des salles préfabriquées, dont certaines prennent l’eau.
En Bulgarie, des établissements peinent, selon le média Mediapool, à assurer le chauffage ou à disposer de sanitaires intérieurs, d’équipements sportifs et de laboratoires. En Espagne, environ 50 000 élèves suivaient des cours dans des modules préfabriqués avant la pandémie, selon les estimations rapportées par Voxeurop. Ces situations diffèrent d’un pays à l’autre, mais elles renvoient à des préoccupations communes sur les locaux et les ressources disponibles.
La chaleur, autre défi pour les établissements
Les conditions d’apprentissage sont également affectées par les fortes températures. En France, une enseignante citée dans le reportage évoque des classes de 35 élèves, des fenêtres difficiles à ouvrir et des salles atteignant 40 °C. En Autriche, une étude menée pendant la vague de chaleur de juin auprès de plus de 1 500 élèves et enseignants a relevé que 88 % considéraient la température comme une source de stress ; les trois quarts disaient avoir du mal à se concentrer.
De Créteil à Athènes, les témoignages et les données réunis dressent ainsi un tableau européen contrasté, mais marqué par des difficultés de personnel, d’équipement et d’adaptation des bâtiments. Pour les lycéens mobilisés, les revendications portent d’abord sur des conditions d’étude qu’ils estiment indispensables au quotidien.
Source : Voxeurop (voxeurop.eu)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Adrian Burtin







