Maître Coq et Le Gaulois : le label « bien-être animal » fait plier l’éthique à la sauce RN
Le fait principal
La filière avicole française, en pleine effervescence, lance un nouveau logo « Bien-être animal – filière agricole engagée », censé rasr les consommateurs sur la qualité de la volaille. Pourtant, derrière cette façade se cache une réalité bien moins reluisante.
Ce qui s’est passé
Le 9 septembre dernier, un collectif regroupant 1 300 éleveurs et 80 entreprises, dirigé par le géant LDC, a dévoilé ce logo. Le but ? Inciter les Français à consommer davantage de poulet français. En 2025, les Français devraient consommer en moyenne 25 kg de poulet par an et par personne, soit le double de 2005. Une belle opportunité commerciale, mais à quel prix pour le bien-être animal ?
Le contexte
Alors que près d’un poulet sur deux consommé en France n’est pas élevé sur le territoire, la filière tente de redorer son blason en mettant en avant des pratiques d’élevage « au-delà des exigences réglementaires ». Pourtant, les associations de protection animale, comme Compassion in World Farming et Welfarm, n’y voient qu’un stratagème visant à tromper le consommateur. Elles ont même saisi la DGCCRF pour dénoncer des « allégations commerciales » potentiellement mensongères.
Les chiffres à retenir
– 25 kg : consommation moyenne de poulet par personne en France en 2025.- Près de 50 % : proportion de poulet importé.- 19 : nombre de volailles autorisées par mètre carré pour obtenir le nouveau logo, contre 15 pour l’European Chicken Commitment (ECC).
Ce que cela révèle
Ce logo, loin d’être une panacée, fait l’objet de critiques acerbes. Les associations soulignent que les pratiques d’élevage demeurent largement insuffisantes, notamment en ce qui concerne l’utilisation de souches à croissance rapide, les turbopoulets, qui peinent à se mouvoir. Ainsi, le logo « Bien-être animal » ne serait qu’un cache-misère, une façon de masquer l’inefficacité d’une filière qui se veut éthique tout en continuant à privilégier le profit. Comme le dit si bien la journaliste Axelle Playoust-Braure : « Ces garanties ne disent rien sur les souches génétiques utilisées ».
Ce qu’il faut retenir
Le nouveau logo « Bien-être animal » est un trompe-l’œil. Si l’intention de rasr le consommateur est louable, la réalité des pratiques d’élevage reste préoccupante. Entre allégations commerciales douteuses et vérités dérangeantes, le consommateur est appelé à faire preuve de discernement. Une chose est sûre : le combat pour un véritable bien-être animal est loin d’être gagné. Sources : Novethic, CIWF, LFDA, OABA, Welfarm.
