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Michel Valadier voit dans la centralisation scolaire un frein à la réponse aux lycéens

Dans un entretien publié le 11 octobre 2026, Michel Valadier relie les dysfonctionnements dénoncés par les lycéens à la centralisation de l’Éducation nationale. L’ancien chef d’un collège-lycée plaide pour donner davantage de latitude aux proviseurs, notamment sur l’organisation des équipes et des emplois du temps. Il estime que l’impuissance des directions locales contribue à éloigner […]

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • Dans un entretien publié le 11 octobre 2026, Michel Valadier relie les dysfonctionnements dénoncés par les lycéens à la centralisation de l’Éducation nationale.
  • L’ancien chef d’un collège-lycée plaide pour donner davantage de latitude aux proviseurs, notamment sur l’organisation des équipes et des emplois du temps.
  • Il estime que l’impuissance des directions locales contribue à éloigner […]

Des difficultés anciennes, selon Michel Valadier

Professeurs absents, emplois du temps mal conçus, calendrier des épreuves ou problèmes d’organisation : Michel Valadier reconnaît que plusieurs griefs des lycéens renvoient à des difficultés persistantes. À ses yeux, leur résolution est limitée par le poids des décisions prises par les rectorats et le ministère, plutôt que dans les établissements eux-mêmes.

Il décrit les chefs d’établissement comme des interlocuteurs naturels des élèves et des familles, mais dont les marges d’action seraient restreintes par des règles nationales appliquées à des élèves aux besoins différents. Cette situation pèserait, selon lui, à la fois sur le fonctionnement quotidien des lycées et sur la manière dont la colère s’exprime.

Dans son analyse, lorsque les problèmes ne peuvent être traités localement, la contestation tend à se tourner vers l’État et à s’élargir à des revendications plus générales. Valadier estime que cette évolution peut favoriser une radicalisation du mouvement. Il s’agit de son interprétation de la mobilisation, et non d’un constat établi dans l’entretien par des données sur les revendications des élèves.

Davantage de pouvoirs pour les proviseurs

Pour remédier à ce qu’il considère comme une perte de capacité d’action, Michel Valadier propose de renforcer le rôle des chefs d’établissement. Il souhaite qu’ils disposent d’une autorité hiérarchique sur les enseignants, puissent participer à leur recrutement et adapter les programmes aux besoins des élèves. Il leur attribuerait aussi un rôle accru dans le maintien de la discipline et la protection des élèves souhaitant suivre les cours.

Selon lui, des directions plus autonomes pourraient répondre plus directement aux difficultés propres à chaque lycée et recevoir les représentants des élèves lors d’une mobilisation. Elles pourraient alors entendre leurs demandes, agir sur les points modifiables et expliquer les limites rencontrées.

Valadier juge que les « temps de dialogue » annoncés par le gouvernement peuvent être utiles lorsqu’une équipe éducative estime qu’ils sont nécessaires. Il critique toutefois leur programmation obligatoire dans tous les établissements, qu’il voit comme une directive uniforme susceptible de créer des frustrations là où les tensions sont moins fortes. Il aurait préféré, explique-t-il, que chaque proviseur établisse d’abord un état des lieux des forces, des difficultés et des risques de son établissement.

Les emplois du temps, un levier concret

Parmi les problèmes soulevés par les lycéens, l’ancien dirigeant place en tête la qualité des emplois du temps. Il affirme que, dans la plupart des lycées publics, leur conception revient à un adjoint plutôt qu’au chef d’établissement, et regrette que cette tâche soit parfois traitée comme une simple formalité administrative.

Michel Valadier a dirigé un collège-lycée de 2005 à 2022 et indique avoir élaboré les emplois du temps pendant dix-sept ans. Il souligne qu’ils influent sur le rythme quotidien des élèves et des professeurs : journées déséquilibrées, cours tardifs ou longues interruptions peuvent, selon lui, devenir des sources de tension, en particulier lorsqu’ils s’ajoutent aux absences d’enseignants ou aux difficultés matérielles.

« Un emploi du temps bien conçu crée un cadre apaisé », résume-t-il. Il présente cette amélioration comme une piste ne nécessitant pas de moyens supplémentaires, mais qui dépendrait d’un pilotage plus direct du chef d’établissement.


Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)

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Auteur : leJDD

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