
« Ma peau pesait une tonne » : Quand la couleur de notre peau nous réduit à notre seule identité
[À L’ANTENNE] Née d’une mère blanche et d’un père sénégalais, disparu avant sa naissance, Cathy Dubois grandit avec le poids d’une identité restreinte par le regard des autres, à la couleur de sa peau. Dans son film, Ce qui reste des amours de nos mères, celle qui est devenue réalisatrice retrace son parcours intime.
L’histoire commence dans les années 50, quand sa mère, 18 ans, tombe amoureuse d’un jeune étudiant sénégalais. Après l’annonce de sa grossesse, le jeune homme disparaît, laissant Cathy naître sans père. Elle se demande alors : « Comment se nommer quand son identité est réduite à la couleur de peau ?«
Sous le poids d’un amour maternel marqué par l’abandon et par la couleur de sa peau marron, Cathy Dubois explore cette quête d’identité, au-delà des apparences et des blessures héritées. Enfant, elle passe beaucoup de temps avec ses grands-parents au Guilvinec, dans le Finistère, vivant une enfance heureuse et libre, sans question sur sa couleur de peau ou ses origines.
Cependant, en grandissant, le regard des autres se concentre sur sa couleur de peau. Face à la question « D’où viens-tu ?« , elle s’identifie comme « Sénégalo-Bretonne« , sans réelle représentation de son père ou du Sénégal. Elle déclare : « Mon père et le Sénégal n’avaient aucune réalité pour moi.«
Cathy cherche à comprendre l’identité qui lui est renvoyée, interrogeant ses proches. En lisant un extrait du livre Kocoumbo, l’étudiant noir de Aké Loba avec sa mère, le silence se rompt. Sa mère y voit sa propre histoire et déclare : « C’est mon histoire.«
Sur les traces de son père, Cathy finit par le rencontrer dans son restaurant, Le Baobad. Elle apprend des détails sur lui, mais la relation reste complexe. Elle s’interroge alors sur le lien génétique et le rôle du père, tout en cherchant à se détacher de l’histoire de sa couleur de peau.
Avec le temps, Cathy réussit à se libérer des assignations liées à ses origines, se réappropriant son histoire. Elle explique : « Quant à moi, j’ai détaché ma peau de l’histoire de mon père, du chagrin de ma mère, et des regards hostiles.«
Le film de Cathy Dubois, Ce qui reste des amours de nos mères, sera diffusé le jeudi 16 avril 2026, sur ICI-France 3 Bretagne, et est déjà disponible sur la plateforme france.tv.
Source : France 3 Régions




