
La France et l’Arménie signent un accord de partenariat stratégique
Emmanuel Macron a conclu, mardi 5 mai, une visite d’État en Arménie, où il a signé un partenariat et plusieurs contrats visant à renforcer une relation bilatérale déjà bien établie. Ce déplacement intervient dans un contexte où l’Arménie, ancienne république soviétique, cherche à s’affirmer davantage sur la scène européenne tout en maintenant des liens historiques avec la Russie.
Lors de son arrivée, le président français a salué le choix de l’Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de « se tourner vers l’Europe ». Cette orientation a été mise en lumière par la tenue du sommet de la Communauté politique européenne, rassemblant une quarantaine de dirigeants européens, ainsi que le premier sommet UE-Arménie qui s’est tenu à Erevan.
Malgré ces avancées, le rapprochement avec l’Union européenne est freiné par les liens solides entre Erevan et Moscou. Les deux pays sont membres de l’Organisation du traité de sécurité collective, une alliance militaire dont l’Arménie fait toujours partie, bien qu’elle ait gelé sa participation en 2024.
Efforts de défense inédits
L’Arménie, située entre l’Azerbaïdjan, l’Iran, la Géorgie et la Turquie, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales. Emmanuel Macron et Nikol Pachinian ont annoncé la signature d’un partenariat stratégique qui consacrera « les efforts de défense inédits » entre les deux nations et ouvrira « de nouvelles pages économiques ». Ce partenariat inclut déjà des volets de coopération aérienne, avec la commande de trois radars français et la formation de soldats arméniens. L’Arménie a également commandé 36 canons Caesar en 2024.
Des contrats dans le secteur des transports sont également prévus, avec des « prospects potentiels pour Airbus » et l’engagement de l’État français dans la construction d’un tunnel sur l’axe routier arménien nord-sud.
Relations historiques
La France, qui abrite la plus grande diaspora arménienne après celles de Russie et des États-Unis, a une longue histoire d’amitié avec l’Arménie. Le président Macron a rappelé cette « relation singulière » lors d’un dîner d’État, évoquant l’accueil à Marseille des réfugiés arméniens lors des massacres perpétrés par l’Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale, ainsi que l’aide française après le tremblement de terre de 1988 à Gumri.
Mardi, le président Macron a prévu de se rendre au mémorial commémorant le génocide de 1915 et de visiter le Musée Matenadaran, qui abrite une vaste collection de manuscrits anciens arméniens. Il conclura également un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.
Source : Le Monde avec AFP





