EU weighs giving US data for fewer travel restrictions

L’UE envisage de partager des données avec les États-Unis pour réduire les restrictions de voyage

L’Union européenne (UE) est en pourparlers pour établir un accord controversé avec les États-Unis, qui pourrait permettre aux autorités américaines d’accéder à des données sensibles détenues dans les bases de données policières à travers l’Europe. Au cœur de ces négociations se trouve le partenariat amélioré pour la sécurité des frontières, dont l’accord est devenu une condition sine qua non pour les pays souhaitant rester dans le programme d’exemption de visa des États-Unis. Ce programme permet aux citoyens des pays participants de voyager jusqu’à 90 jours aux États-Unis sans visa.

La plupart des États membres de l’UE participent à ce programme, à l’exception de la Bulgarie, de Chypre et de la Roumanie, dont les citoyens doivent encore demander un visa. La demande d’ESTA (Système électronique d’autorisation de voyage), qui permet un voyage sans visa, est généralement un processus rapide et automatisé, mais elle permet également aux autorités américaines de pré-sélectionner les voyageurs et potentiellement de refuser leur entrée en raison de préoccupations sécuritaires ou d’immigration.

La Commission européenne a confirmé que les États-Unis ont fixé une date limite au 31 décembre 2026 pour la mise en place de cet accord, laissant peu de marge de manœuvre à l’UE. Pour la plupart des États membres, perdre le droit de voyager sans visa vers les États-Unis constituerait un inconvénient majeur. Les critiques estiment que cette condition imposée par Washington équivaut à une pression plutôt qu’à un véritable partenariat.

Questions sur le partage de données biométriques

Les types de données qui pourraient être partagées soulèvent des interrogations sensibles. Les bases de données policières contiennent souvent des informations biométriques, telles que des empreintes digitales et des images faciales. Selon le système national, ces bases peuvent également inclure des données sur des personnes qui n’ont jamais été condamnées, comme des suspects ou des demandeurs d’asile.

Matthias Monroy, chercheur allemand en surveillance, a souligné que le fait d’être dans une base de données policière ne signifie pas nécessairement une condamnation. Les autorités américaines affirment que ces données seraient utilisées pour des contrôles aux frontières et des vérifications d’identité. Cependant, des critiques craignent qu’une arrestation policière en Europe n’ait des conséquences bien au-delà des enquêtes criminelles, affectant des décisions concernant l’embarquement sur un vol ou l’entrée aux États-Unis.

Implications pour la sécurité des citoyens européens

Raquel Garcia Hermida-van der Walle, membre du Parlement européen, a exprimé des inquiétudes quant aux implications pour la sécurité des citoyens européens, soulignant que des manifestants pacifiques pourraient être pris dans ce système. Elle a remis en question la poursuite des négociations tant que les États-Unis ne prennent pas leurs responsabilités en matière de droits fondamentaux.

Les partisans européens de cet accord soutiennent que le partage de données transatlantiques n’est pas nouveau, les pays de l’UE et les agences américaines échangeant déjà des informations sur des questions criminelles. Toutefois, les procédures existantes sont généralement plus étroites et formelles, nécessitant une demande, une base légale et, dans certains cas, une autorisation judiciaire.

Le superviseur européen de la protection des données a averti que cet accord pourrait établir un précédent important, car il pourrait devenir le premier accord de l’UE impliquant un partage à grande échelle de données personnelles, y compris biométriques, avec un pays tiers pour le contrôle des frontières et de l’immigration.

Conclusion

Les discussions en cours sur cet accord soulèvent des préoccupations majeures concernant la protection des droits des citoyens européens et l’impact potentiel sur la sécurité. Les implications d’un tel partage de données pourraient transformer la manière dont les informations personnelles sont gérées entre l’UE et les États-Unis.

Source : DW

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