Loi Montagne : quand l’« acte III » sert de cache-misère à l’inaction gouvernementale
Le fait principal
Le 19 août dernier, le Conseil constitutionnel a validé le troisième acte de la « loi Montagne », intitulé « Pour une montagne vivante et souveraine », après un parcours parlementaire express. Ce texte, soutenu par le gouvernement et l’Association nationale des élus de la montagne (Anem), se veut une réponse aux défis contemporains des territoires montagneux, mais affiche une ambition bien moindre que ses prédécesseurs.
Ce qui s’est passé
La loi, resserrée autour de vingt articles, vise à adapter les politiques publiques aux réalités des massifs. Elle aborde des sujets variés tels que l’accès aux services publics, la santé, l’éducation, l’eau ou encore le tourisme. Cependant, la rapidité de son adoption, saluée par le ministère de l’Aménagement du territoire, laisse déjà présager des tensions, notamment sur les questions d’accès à l’eau, un sujet brûlant en ces temps de changement climatique.
Le contexte
Depuis 1985, la loi Montagne a connu deux précédentes versions. La première visait à renforcer la cohésion des territoires, tandis que la seconde avait pour but de soutenir le développement économique des zones montagneuses. Aujourd’hui, dans un contexte de dérèglement climatique et de pressions économiques, cette nouvelle mouture semble plus préoccupée par la gestion des ressources en eau et la résilience face aux intempéries. En effet, la loi introduit des mes sur le stockage de l’eau, tout en imposant une solidarité financière entre les communes de montagne, mais sans véritable plan d’action concret.
Les chiffres à retenir
La loi impose un « plan d’action pluriannuel d’intérêt commun » (Papic) pour la gestion des milieux aquatiques, et introduit des « retenues collinaires multi-usages » pour diversifier l’accès à l’eau. La loi d’urgence agricole, adoptée en même temps, vise à atteindre 50% de produits durables dans la restauration collective.
Ce que cela révèle
Derrière cette façade de progrès, le texte révèle des contradictions. Le RN, qui prône la défense des territoires ruraux, semble étrangement silencieux sur les enjeux de solidarité financière, alors même qu’il fustige l’État pour son « absence » dans les zones montagnardes. La loi Montagne, tout en promettant une meilleure gestion des ressources, laisse entrevoir une réalité où les communes restent souvent démunies face aux défis environnementaux et économiques. Le double discours des partis de droite, qui se disent proches des préoccupations locales tout en négligeant les mécanismes de soutien, est plus qu’évident.
Ce qu’il faut retenir
La loi Montagne, malgré ses bonnes intentions, semble davantage un coup de communication qu’une véritable avancée pour les territoires montagneux. La promesse d’une montagne vivante et souveraine risque de se heurter à la réalité des enjeux environnementaux mal pris en compte. Une nouvelle fois, les belles paroles politiques ne semblent pas toujours suivre les faits.
