L’île Tascon, un refuge de biodiversité caché dans le golfe du Morbihan

L’île Tascon : un refuge de biodiversité caché dans le golfe du Morbihan

Se rendre sur l’île Tascon, située au cœur du golfe du Morbihan, nécessite une planification minutieuse. Cette île de 55 hectares est reliée au continent par un chemin sinueux de 400 mètres de long, dont la largeur ne dépasse guère trois mètres. À marée basse, il est difficile de percevoir que cette route submersible est complètement recouverte d’eau lors de la montée des eaux. Les visiteurs doivent donc calculer les horaires des marées : soustraire deux heures à la basse mer et ajouter deux heures après celle-ci pour traverser en toute sécurité, sous peine de devoir faire demi-tour au parking de Saint-Armel, sur la presqu’île de Rhuys.

La situation géographique de l’île Tascon en fait un « bastion de la ressource alimentaire » pour la faune, selon David Lédan, responsable de la biodiversité au sein du parc naturel régional du golfe du Morbihan. L’eau pénètre dans le golfe par un couloir de 900 mètres de large, alimentée par le puissant courant de la Jument. À proximité de Tascon et de l’île Bailleron, les sédiments y sont particulièrement fins. La vasière entre Tascon et le marais de Truscat est ainsi considérée comme l’écosystème le plus riche en nourriture du golfe. Sur un mètre carré de vase, plus de 3 800 animaux de plus d’un millimètre ont été recensés, ce qui explique l’afflux massif d’oiseaux migrateurs de novembre à début mars. En hiver, jusqu’à 10 000 oiseaux, tels que des bécasseaux variables, des pluviers argentés et des courlis cendrés, fréquentent la zone, tandis qu’à marée basse, leur nombre varie entre 5 000 et 8 000.

En complément de cette vasière, deux herbiers de zostères, véritables prairies sous-marines, enrichissent encore la biodiversité locale. Les oies bernaches se nourrissent de la zostère naine, tandis que la zostère marine, à l’ouest de Tascon, constitue un habitat pour de petits poissons, crevettes et crustacés. Ces herbiers, qui peuvent atteindre une hauteur d’un mètre cinquante, abritent également des morgates (seiches). La plupart de ces espèces évoluent dans un environnement peu perturbé par l’activité humaine.

Source : David Lédan, chargé de mission biodiversité, parc naturel régional du golfe du Morbihan.

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