L’IA fait des économies : l’économe d’hôtel, nouveau héros des vacances… ou des profits ?
Le fait principal
Dans un monde où l’intelligence artificielle (IA) redéfinit les contours des métiers, l’hôtellerie se trouve à un carrefour crucial : la centralisation des achats, autrefois synonyme d’économies d’échelle, pourrait bien cacher un coût caché, celui de l’expertise disparue.
Ce qui s’est passé
La centralisation des achats dans l’hôtellerie a été encouragée par l’intégration des outils numériques et des plateformes spécialisées. Les groupes hôteliers, en quête de profitabilité, ont confié la gestion des achats à des centrales, au détriment de l’économe traditionnel. Mais cette rationalisation a engendré une perte d’expertise au sein des établissements. Kacem Aoualli, expert en achats, souligne que l’économe d’hier, véritable gardien de la qualité, a été remplacé par des systèmes automatisés, laissant la porte ouverte à des incohérences dans les livraisons.
Le contexte
À l’heure où l’hôtellerie revendique son ancrage territorial, l’ironie est que les logiques de massification des achats peuvent aller à l’encontre de l’engagement pour les circuits courts et les produits locaux. Les discours des chaînes hôtelières vantent des valeurs écoresponsables, mais la réalité économique impose des choix qui peuvent dénaturer ces promesses.
Les chiffres à retenir
Les économies réalisées grâce à la centralisation peuvent s’avérer illusoires. Un produit moins cher peut entraîner des coûts supplémentaires liés à des substitutions ou à des erreurs de livraison. Aoualli affirme que des écarts de poids ou de quantité, bien que minimes individuellement, peuvent finir par peser lourdement sur le budget d’un hôtel.
Ce que cela révèle
Derrière la façade de la rationalisation se cache un paradoxe : l’absence de contrôle physique sur les achats peut mener à des surcoûts insoupçonnés. Le discours sur l’efficacité des centrales d’achat se heurte à la réalité des coûts cachés, rendant les promesses de rentabilité de plus en plus fragiles. Les grands groupes hôteliers, en cherchant à maximiser leurs marges, semblent ignorer que la connaissance du terrain est un atout stratégique.
Ce qu’il faut retenir
L’IA pourrait-elle redonner une voix à l’économe ? En libérant des tâches administratives, elle permettrait un retour à une expertise locale, essentielle pour garantir la qualité des produits et des services. La question demeure : dans un secteur où les marges se resserrent, le véritable coût des achats sera-t-il enfin pris en compte ? Une chose est sûre, l’hôtellerie ne peut pas se permettre de sacrifier la qualité sur l’autel de la rentabilité.
Source : La Tribune de l’Hôtellerie
