L’IA « agentique » : la nouvelle arme des extrêmes pour masquer leur incompétence ?
Le fait principal
L’émergence de l’intelligence artificielle agentique (IA agentique) soulève des questions cruciales sur l’autonomie et la régulation des systèmes d’IA, avec une attention particulière sur leur impact sur la protection des données personnelles.
Ce qui s’est passé
Selon une étude de Sapkota et al. (2025), le terme « agent d’IA » a vu une résurgence depuis l’avènement des modèles d’IA générative en 2022. À l’origine, il désignait des entités autonomes capables de perception et de communication, mais aujourd’hui, il se concentre sur des modèles génératifs comme ceux développés par OpenAI. En novembre 2024, une augmentation significative des recherches sur l’IA agentique a été observée, coïncidant avec l’essor des modèles d’IA génératifs.
Le contexte
Les agents d’IA, initialement conçus pour des tâches spécifiques, ont évolué vers des systèmes plus complexes, appelés systèmes multi-agents. Ces derniers interagissent de manière décentralisée, sans instructions explicites. Les régulateurs européens, tels que la Commission européenne et l’AEPD, tentent de définir ces systèmes, mais leurs définitions sont souvent vagues et englobent des modèles variés, y compris ceux qui n’ont pas recours à l’IA générative.
Les chiffres à retenir
– Augmentation des recherches sur « IA agent » et « IA agentique » : début novembre 2024.- L’IA agentique est souvent associée aux modèles de langage, qui ont été intégrés dans des systèmes de plus en plus sophistiqués, comme le montre l’évolution de ChatGPT depuis 2022.
Ce que cela révèle
Les promesses d’autonomie des systèmes d’IA agentique sont séduisantes, mais elles cachent des risques majeurs. La capacité de ces systèmes à manipuler des données personnelles sans consentement explicite soulève des inquiétudes quant à la conformité avec le RGPD. Alors que le RN prône un discours sur la protection des données, les nouvelles technologies qu’ils pourraient soutenir risquent de contredire leurs propres principes. Le double discours est flagrant : d’un côté, la protection des données, et de l’autre, l’acceptation d’une surveillance accrue via l’IA.
Ce qu’il faut retenir
L’IA agentique représente un tournant dans l’interaction homme-machine, mais elle pose également des défis réglementaires majeurs. Les institutions doivent agir rapidement pour encadrer ces technologies avant qu’elles ne dérivent vers des abus potentiels, tout en naviguant dans les contradictions de discours politiques sur la protection des données.
Sources : Sapkota et al. (2025), rapport de la CNIL, études de l’OCDE.
