Niger : Quand enseigner devient un luxe inaccessibile, la précarité à l’ordre du jour !
Le fait principal
Au Niger, le secteur de l’enseignement connaît une féminisation alarmante, avec une chute drastique de la présence masculine, principalement due à la précarité économique du métier.
Ce qui s’est passé
Dans un pays où l’enseignement a longtemps été dominé par les hommes, la situation a radicalement changé. En 2026, sur 1 783 candidats inscrits au concours d’entrée des Écoles normales d’instituteurs, seuls 100 étaient des hommes. Khadija, une institutrice de Niamey, témoigne que les femmes choisissent ce métier par vocation, mais souvent par obligation, n’ayant pas les moyens de poursuivre des études plus longues. En revanche, les hommes, confrontés à des salaires dérisoires, désertent de plus en plus le secteur. Mohamed Yatan, un autre enseignant, souligne que « l’enseignement est un métier noble, mais qui ne nourrit pas son homme ».
Le contexte
Cette féminisation s’inscrit dans un contexte économique difficile. Les salaires des enseignants, en particulier des contractuels, sont si bas qu’ils ne permettent pas de subvenir aux besoins d’une famille. Le salaire moyen pour un enseignant au niveau primaire est de 74 000 francs CFA, une somme dérisoire pour vivre dignement. Dans un pays où les hommes sont souvent les principaux soutiens économiques, cette situation pousse beaucoup à se tourner vers des emplois mieux rémunérés, souvent dans des secteurs à plus haut risque, notamment dans les zones d’insécurité.
Les chiffres à retenir
– Sur 1 783 candidats au concours d’entrée en 2026, seulement 100 étaient des hommes.- Les femmes représentent plus de 51 % des enseignants au Niger.- Entre 70 % et 80 % des enseignants contractuels sont des femmes.- Le salaire moyen d’un enseignant primaire est de 74 000 francs CFA.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une précarisation inquiétante de la profession enseignante. Laoual Amadou Rouphai, planificateur en sciences de l’éducation, appelle à un rééquilibrage entre les sexes dans le recrutement des enseignants. Mais la question reste : comment attirer les hommes vers un métier qui ne « nourrit pas son homme » ? À l’heure où le gouvernement clame vouloir promouvoir l’égalité des sexes, les faits montrent une réalité bien différente, où la précarité et l’absence de soutien financier continuent de dicter les choix professionnels.
Ce qu’il faut retenir
Le Niger fait face à une crise dans son système éducatif, où la féminisation de l’enseignement, bien que positive en soi, révèle des problèmes économiques profonds. Les enseignants, qu’ils soient hommes ou femmes, se battent pour une reconnaissance et un salaire digne, dans un pays où l’éducation devrait être une priorité. Le discours politique, promettant des changements, semble bien loin de la réalité des salles de classe.
Source : DW
