L’Europe pourrait prendre de vitesse les grandes puissances avec cette technologie spatiale inédite (interview)

L’Europe pourrait prendre de vitesse les grandes puissances avec cette technologie spatiale inédite

TAC : une réponse européenne au défi de la souveraineté orbitale

Dans un contexte géopolitique en mutation, où le droit international semble s’effacer au profit de logiques de puissance, l’espace, et plus particulièrement l’orbite basse, pourrait devenir le prochain théâtre de rivalités entre grandes puissances. Nos sociétés modernes dépendent fortement des infrastructures spatiales pour les communications, la navigation, l’observation de la Terre, le renseignement militaire et la finance mondiale. Face à l’essor des capacités orbitales russes et chinoises, l’Europe se trouve dans une position stratégique délicate, observant sans intervenir et subissant sans réagir. Ce vide capacitaire est précisément ce que la Commission européenne vise à combler.

Le projet TAC, pour Tactical-Capture, a été sélectionné et financé par le Fonds européen de défense (FED) dans le cadre de l’appel à projets Smero, dédié aux PME et laboratoires de recherche. Piloté par la start-up française Osmos X, TAC ambitionne de doter l’Europe d’un véhicule orbital capable d’effectuer des missions de mobilité, de rendez-vous et de capture en orbite par soudage.

Cette initiative répond à l’un des défis critiques de la souveraineté spatiale européenne : intervenir activement en orbite et capturer un engin spatial, même sans interface de rendez-vous coopérative, une capacité que ni les États-Unis, ni la Russie, ni la Chine ne maîtrisent pleinement.

Le verrou technologique que TAC entend briser

Actuellement, toute opération de capture ou de docking en orbite repose sur des protocoles standardisés, nécessitant des interfaces mécaniques compatibles et la coopération totale du satellite cible. Ce modèle fonctionne bien entre partenaires consentants, mais il devient inopérant lorsque la cible est endommagée ou non coopérative. Si un satellite européen est neutralisé ou si un objet menaçant s’approche, l’Europe est dans l’incapacité d’intervenir. Le projet TAC vise à répondre à cette impasse.

Au cœur du projet se trouve une innovation majeure : la fixation physique par soudage, sans interface préalable. Le véhicule développé peut s’approcher de n’importe quel objet orbital et s’y fixer de manière permanente grâce à un procédé de soudage spatial. Cette approche offre trois avantages décisifs : l’universalité, la robustesse et la polyvalence, rendant possible l’intervention sur des débris inertes ou des satellites non coopératifs.

Un consortium européen aux expertises complémentaires

La réalisation de ce projet repose sur un consortium de sept partenaires issus de cinq pays européens, coordonné par Osmos X. Ce consortium inclut des experts en soudage spatial, diagnostics in situ, algorithmes de navigation et conception de capteurs, permettant une approche intégrée et innovante.

Un projet à double portée : civil et militaire

Les applications du projet TAC sont multiples, allant de la désorbitation de débris à la maintenance de satellites. Toutefois, la dimension stratégique est au cœur du financement FED. La capacité à capturer un objet orbital sans coopération ouvre des perspectives inédites pour l’Europe, telles que l’inspection d’engins suspects ou la neutralisation non destructive de satellites menaçants.

En sélectionnant le projet TAC, le Fonds européen de défense envoie un signal clair : l’Europe entend assumer sa dimension militaire dans l’espace et se doter des capacités nécessaires pour ne plus être un simple spectateur.


Source : Futura Sciences.

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