
L’espace au service du climat : exploiter les données satellites pour une meilleure prise de décision
La quantité d’informations transmises par les satellites sur notre planète est considérable. Aujourd’hui, le défi consiste à améliorer la qualité de ces données et à les rendre accessibles aux décideurs sous une forme utile et exploitable.
Depuis quarante ans, les données d’observation de la Terre se sont imposées comme un outil essentiel pour mieux comprendre notre planète et suivre l’impact des actions humaines sur l’environnement. Ces données, initialement réservées aux chercheurs et aux agences spatiales, irriguent désormais l’action publique, l’économie, et la politique de défense. Cependant, cette richesse d’informations reste largement sous-exploitée, notamment par les décideurs publics.
Chaque jour, des satellites d’agences nationales comme le Centre national d’études spatiales (Cnes), le programme européen Copernicus, et diverses constellations commerciales, observent la Terre. Ils produisent une vaste gamme d’informations : températures de surface, concentrations de gaz, humidité des sols, couverture végétale, hauteur des vagues, et courants marins. Ces données, en plus de leur quantité, se distinguent par leur capacité à couvrir l’ensemble de la planète de manière homogène, y compris les zones les plus difficilement accessibles.
Les satellites offrent une objectivité rare, observant sans être influencés par des frontières administratives ou des intérêts locaux. Les avancées technologiques ont également permis d’améliorer la résolution et la fréquence des observations, rendant ainsi la surveillance quasi permanente.
Les applications des données satellitaires sont multiples et soutiennent déjà diverses politiques publiques. En matière de sécurité alimentaire et de gestion des ressources en eau, les satellites fournissent des informations sur le stress hydrique, permettant d’anticiper les sécheresses et d’optimiser les pratiques d’irrigation. Ils jouent également un rôle crucial dans la gestion des risques naturels, en surveillant les zones à risque pour les incendies et les inondations, et en aidant à la cartographie post-catastrophe.
Concernant les émissions de gaz à effet de serre, les satellites peuvent détecter les panaches de méthane et de CO₂ en quasi temps réel, une capacité essentielle dans un contexte où les inventaires nationaux prennent souvent plusieurs années pour être mis à jour. Cela permet de localiser rapidement des fuites ou des anomalies.
Malgré leur potentiel, les données spatiales peinent à s’intégrer dans les administrations et les entreprises. L’univers technique complexe de ces données, souvent massives et spécialisées, nécessite des expertises spécifiques pour leur analyse. Bien que la majorité des données soit ouverte et gratuite, il est crucial de développer des plateformes et des outils visuels pour les rendre intelligibles et accessibles aux décideurs.
Pour améliorer l’utilisation de ces données, il est nécessaire de croiser différentes sources d’informations. Cette approche permet de fournir des données d’observation de la Terre directement exploitables et mieux contextualisées.
Les données satellitaires offrent une vision objective et globale de l’état de notre planète, devenant essentielles pour les collectivités qui doivent anticiper plutôt que simplement réagir. Elles permettent de mesurer plus rapidement, de comprendre plus finement et de décider plus efficacement, à condition que l’information soit accessible et traduite en indicateurs exploitables.
Source : Cnes.




