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Les violences faites aux femmes âgées : un angle mort préoccupant
Historienne, journaliste et consultante internationale, Natacha Henry a récemment contribué au projet européen MARVOW, qui vise à mettre en lumière les violences faites aux femmes âgées, un sujet souvent ignoré dans les politiques publiques. Cette invisibilité soulève des questions cruciales : qui se soucie vraiment des féminicides lorsque les victimes sont des femmes âgées ? Trop souvent, ces tragédies sont présentées comme des gestes compassionnels, brouillant ainsi la réalité de la violence.
Les femmes de 70 ans et plus figurent parmi les plus vulnérables face aux féminicides. Ce manque de visibilité est aggravé par l’absence de données concernant les femmes au-delà de 74 ans. Natacha Henry évoque son étonnement face aux tranches d’âge proposées dans les études : « de 18 à 25 ans, puis 25 à 40 ans, puis 50 ans et plus », comme si cette dernière catégorie était un bloc homogène.
À l’échelle européenne, 30 % des femmes ont plus de 60 ans, ce qui met en évidence l’urgence du projet MARVOW. Ce dernier a été initié suite à la constatation, par des maisons d’accueil, de l’augmentation du nombre de femmes âgées victimes de violences. Bien que le seuil de la vieillesse soit souvent discuté, il est ici fixé à 60 ans, en lien avec l’âge de la retraite. En France, ce seuil pourrait être plus proche de 75 ans, selon Henry.
Un terreau fertile pour la violence
Les violences ne sont pas spécifiques en soi; elles s’épanouissent sur un terrain de vulnérabilités physiques, sociales et culturelles. Natacha Henry souligne que les hommes violents exploitent ces faiblesses : « poser la télécommande loin de la femme qui ne peut se lever seule, donner trop de médicaments, ou pas assez ». La précarité économique joue également un rôle majeur. Beaucoup de femmes de cette génération ont des retraites faibles, souvent dues à leur statut de collaboratrices non déclarées. Cette situation complique leur capacité à quitter un conjoint violent.
Les solutions disponibles restent insuffisantes. Natacha Henry insiste sur le besoin de structures adaptées, comme les Babayagas de Montreuil, qui offrent un refuge aux femmes âgées.
Un besoin urgent de maillage local
La maltraitance psychologique rend difficile le signalement des violences. Selon le rapport MARVOW, seules 14 % des femmes ayant subi des violences ont signalé l’incident le plus grave. L’isolement géographique et familial, ainsi que le manque d’accès à Internet, contribuent à l’impunité des agresseurs. Henry note que « les femmes en milieu rural ne vont pas porter plainte à la gendarmerie », car elles ne sont souvent pas prises au sérieux.
Les aides à domicile et les femmes de ménage pourraient devenir des points de contact clés. Un simple « comment ça va ? » pourrait initier un échange, à condition que ces professionnelles soient formées à repérer les violences et connaissent les relais locaux.
Des solutions à envisager
Natacha Henry propose d’autres points d’appui locaux, comme les mairies ou les bibliothèques, pour créer des espaces de vigilance. Ces lieux pourraient orienter vers des services sociaux ou des psychologues. Bien que cela puisse sembler décourageant, elle observe que l’opinion publique commence à prendre conscience de ces enjeux. Cependant, elle reste réaliste : « Ce n’est pas pour ça qu’il y aura des enquêtes nationales demain. »
Après trois décennies consacrées à ce combat, Henry se tourne vers la littérature jeunesse, espérant que ses romans féministes inspireront les jeunes générations à envisager des rapports plus égalitaires entre les sexes. Elle espère que quelques-uns d’entre eux seront touchés par ses messages.
Pour ceux qui souhaitent approfondir ce sujet, il existe des ressources précieuses, telles que l’article de Lucile Peytavin sur les violences spécifiques envers les femmes âgées, accessible ici.
Conclusion
La question des violences faites aux femmes âgées mérite une attention urgente et soutenue. En sensibilisant le grand public et en renforçant les structures d’accueil, il est possible de faire avancer cette cause trop longtemps négligée. Pour ceux qui souhaitent voyager ou se déplacer, il est essentiel de comparer les options de transport pour éviter des frais inutiles, tout en réservant à l’avance pour anticiper les coûts.





