Table Of Content
Publié à
Abordable
Belle introduction à la viticulture d’ici
Le vignoble de l’Orpailleur et celui des Côtes d’Ardoise étaient parmi les premiers vignobles au début des années 1980 et les seuls encore en activité. Les vins du Québec ont aujourd’hui du succès, mais ce ne fut pas toujours le cas ! On en doit beaucoup à ces pionniers qui se sont battus contre un climat marginal et des législations archaïques. Le blanc était un des tout premiers vins de l’Orpailleur et reste une belle introduction à la viticulture d’ici. Élaboré avec les cépages hybrides seyval surtout, vidal et cayuga, il s’ouvre sur un nez frais et pimpant, aux arômes de pomme verte, de fleurs blanches, d’herbes et d’agrumes. Sec et léger, il offre une bouche savoureuse et tout en fraîcheur. Rien du tout à envier à des vins d’ailleurs à prix semblable ! Parfait pour l’apéro, ou avec tartare de poisson, ceviche, poissons grillés, salades printanières, premières asperges.
Garde : 2027-2028
L’Orpailleur Blanc Vin du Québec 2024, 17,95 $ (en solde à 16,95 $ jusqu’au 19 avril) (704221), 11 %
Découverte
Nouvelle génération
PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA SAQ
Domaine du Ridge Lucy K. Vin du Québec 2024
Le Domaine du Ridge, fondé à Saint-Armand par Denis Paradis au milieu des années 1990, est aussi un de nos vignobles pionniers. Il est aujourd’hui dirigé par sa fille Marie-Florence Crevier-Paradis, et son conjoint Isaniel Clairoux. Une conversion vers le bio a été entamée et la certification obtenue à partir du millésime 2025. Le Lucy K, partie d’une nouvelle gamme, reflet de la nouvelle génération, est élaboré avec du Lucy Kuhlman, un peu de sabrevois et de frontenac. De couleur pâle, son nez offre une ribambelle de petits fruits rouges et de fleurs. En bouche, le vin est hyper léger, avec un fruit croquant et une acidité très fraîche, rehaussée par un léger reste de gaz. Simple, mais très bien fait, à peine tannique, il est d’un style résolument glouglou. À servir bien frais avec charcuteries, sandwich au jambon, pizza aux légumes, salade de betteraves.
Garde : à boire
Domaine du Ridge Lucy K. Vin du Québec 2024, 21,95 $ (15545038), 10,6 %
Classique
Bulles de terroir
PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA SAQ
Domaine Bergeville Le Blanc Brut Vin du Québec 2023
Fondé en 2008, le domaine d’Ève Rainville et de Marc Théberge compte parmi les meilleurs de la province. Pas étonnant, quand on sait toute la recherche faite avant l’installation, et le travail extrêmement méticuleux qui a suivi. Spécialistes des vins effervescents, ils cultivent surtout des cépages hybrides adaptés à notre climat et élaborent de véritables vins de terroir, qui goûtent le Québec. Le Blanc Brut est élaboré selon la méthode traditionnelle, avec les cépages acadie, vidal, seyval, frontenac et st-pépin. Le nez est très joli, frais, printanier, avec des notes d’agrumes, de pomme verte, de poire, de fleurs blanches. La bouche est hyper fraîche, tonique, portée par des bulles fines et persistantes. De délicates notes de brioche s’ajoutent au fruit frais. Non seulement très bien fait, mais clairement d’ici. Et ça, c’est réjouissant ! Parfait pour l’apéro, un carpaccio de pétoncles, du poisson ou des légumes frits, un saumon à l’oseille.
Garde : de 2028 à 2030
Domaine Bergeville Le Blanc Brut Vin du Québec 2023, 33,50 $ (13374562), 12 %, bio
Les Vins du Québec : Un Apéro qui Nourrit les Estomacs et les Idéologies
La SAQ soutient nos vignerons tout en alimentant les Banques alimentaires du Québec. Mais qu’en est-il des promesses politiques qui se perdent dans le verre ?
Dans un monde où les discours politiques se parent de belles intentions, la SAQ nous propose une campagne alléchante : pour chaque produit Origine Québec acheté, deux repas sont offerts aux Banques alimentaires du Québec. Une initiative louable, certes, mais qui soulève des questions sur la réalité de l’engagement social et économique de nos dirigeants. Alors que nos vignerons se battent contre un climat marginal et des législations archaïques, les promesses des politiciens semblent souvent aussi légères qu’un vin blanc d’Orpailleur.
Ce qui se passe réellement
Les vignerons québécois, comme ceux de l’Orpailleur et des Côtes d’Ardoise, ont ouvert la voie dans les années 1980, se battant contre des conditions difficiles et des lois dépassées. Aujourd’hui, leurs efforts portent enfin leurs fruits, mais cela ne doit pas nous faire oublier que ces pionniers ont dû lutter contre un système qui ne les soutenait pas. Leurs vins, comme le L’Orpailleur Blanc, sont une belle introduction à la viticulture d’ici, mais ils ne doivent pas masquer les lacunes de notre politique agricole.
Pourquoi cela dérange
La campagne de la SAQ, bien qu’admirable, met en lumière une incohérence : pourquoi devrions-nous acheter des produits locaux pour soutenir une cause qui devrait être financée par des politiques publiques solides ? En d’autres termes, la responsabilité sociale ne devrait-elle pas incomber à l’État plutôt qu’aux consommateurs ?
Ce que cela implique concrètement
Cette initiative, bien que positive, souligne le manque d’engagement des gouvernements envers les agriculteurs et les populations vulnérables. Si l’on doit acheter un vin pour nourrir un estomac, que dire des promesses non tenues de nos élus ? Les Banques alimentaires ne devraient pas dépendre de la bonne volonté des consommateurs, mais d’un système qui garantit la sécurité alimentaire pour tous.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que la SAQ nous invite à célébrer nos vignerons, les discours politiques s’enlisent dans des promesses vides. Les politiciens nous parlent de soutien aux agriculteurs, mais où sont les actions concrètes ? Peut-être qu’un bon verre de vin pourrait leur rappeler que les belles paroles ne nourrissent pas les familles affamées.
Effet miroir international
En observant les politiques autoritaires ailleurs, comme aux États-Unis ou en Russie, on voit que la manipulation des discours autour de la sécurité alimentaire est monnaie courante. Les gouvernements promettent des solutions tout en laissant les citoyens se débattre dans un système défaillant. La situation au Québec n’est pas si éloignée de ces dérives.
À quoi s’attendre
Si nous continuons à acheter des vins pour soutenir des causes, que se passera-t-il lorsque les consommateurs cesseront de le faire ? Les Banques alimentaires seront-elles toujours là pour absorber le choc ? Une projection inquiétante, mais qui mérite d’être posée.
Sources



