
Le paradoxe des jeux vidéo : rendent-ils plus violents ou plus réfléchis ?
Les jeux vidéo suscitent un débat intense quant à leur impact sur le comportement des joueurs. D’un côté, certains affirment que ces jeux incitent à mimer la violence, rendant les joueurs indifférents à celle-ci. De l’autre, des études montrent que certains jeux permettent une expérience sensible de la guerre, offrant une portée morale.
Une recherche menée par Stéphanie de Smale et ses collègues examine la dimension morale et émotionnelle dans des jeux comme This War of Mine. Les concepteurs de ce jeu visent à « humaniser l’expérience de la guerre », en faisant en sorte que les joueurs perçoivent les personnages non-joueurs comme des êtres humains, plutôt que comme de simples ressources. Cela inclut l’intégration délibérée de moments d’inconfort, tels que la présence d’enfants sur le champ de bataille, pour susciter des émotions négatives comme le dégoût ou la colère.
Le récit et les mécaniques du jeu, associés aux expressions des personnages, sont conçus pour éveiller la sensibilité morale des joueurs. Bien qu’il soit difficile d’établir un lien empirique entre inconfort et moralité, des études montrent que des situations stressantes dans des jeux comme Nevermind activent des émotions négatives, pouvant inciter à des actions morales.
En parallèle, la création d’un monde virtuel peut exposer les concepteurs à une forme d’apathie structurelle ou d’engourdissement émotionnel. Pour éviter cela, ils impliquent des joueurs dans le processus de test, afin de prévenir une désensibilisation face à un gameplay émotionnellement éprouvant. Face à des situations de violence répétées, même virtuelles, les individus peuvent adopter une forme de déni.
Il est donc évident que l’impact de la violence dans les jeux vidéo n’est pas aléatoire. Selon Holger Pötzsch, chercheur en game studies, cet impact dépend de la manière dont la violence est représentée, des conséquences des actions des personnages et des dilemmes moraux auxquels ils font face. Ces éléments interrogent la responsabilité des concepteurs vis-à-vis de ce qu’ils proposent sur le marché.
Source : Article de RTBF.





