Les hommes au pouvoir : quand l’égalité des genres devient un concept à la mode chez le RN.
Le fait principal
Le dernier rapport d’ONU Femmes, le Gender Snapshot 2026, révèle un recul alarmant en matière d’égalité des genres. Alors que les femmes demeurent largement absentes des centres de décision, une institution sur trois chargée de promouvoir cette égalité a vu son pouvoir diminuer au cours des deux dernières années.
Ce qui s’est passé
Ce rapport accablant met en lumière une situation qui ne cesse de se dégrader. Près d’un quart des mécanismes de promotion de l’égalité des genres ont subi une réduction de leur budget, tandis que près d’un sur dix a perdu le contrôle de ses propres ressources financières. À l’ONU, 42 % des entités rapportent un affaiblissement de leurs efforts en faveur de l’égalité des genres, conséquence directe des coupes budgétaires.
Le contexte
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aucun des indicateurs de l’Objectif de Développement Durable 5, dédié à l’égalité des genres, n’est en bonne voie pour être atteint d’ici 2030. Selon Li Junhua, Secrétaire général adjoint de l’ONU, il faudra encore 171 ans pour parvenir à l’égalité des genres au rythme actuel. Ce constat est d’autant plus préoccupant que six pays sur sept sont dirigés par des hommes, et que les femmes candidates à des postes politiques font face à des obstacles financiers et à la violence.
Les chiffres à retenir
– Une institution sur trois chargée de l’égalité des genres a vu son pouvoir institutionnel diminuer.- Près d’un quart des mécanismes ont subi une réduction de leur budget de fonctionnement.- 42 % des entités des Nations Unies déclarent que leurs efforts en faveur de l’égalité des genres se sont affaiblis.- 171 ans : le temps nécessaire pour atteindre l’égalité des genres au rythme actuel.- Six dirigeants sur sept dans le monde sont des hommes.- Les femmes occupent seulement 6 % des postes de directrice générale dans le monde.
Ce que cela révèle
Le déséquilibre est frappant : alors que l’égalité des genres devrait être une priorité, elle est sacrifiée sur l’autel des choix politiques et budgétaires. Le discours de certains dirigeants, qui se veulent champions de l’égalité, se heurte à une réalité bien plus crue. Pour le Rassemblement National et autres partis d’extrême droite, qui prétendent défendre la « famille » et les « valeurs traditionnelles », l’absence de femmes aux postes clés est une contradiction flagrante. En effet, comment prôner des valeurs familiales tout en excluant la moitié de la population des décisions qui les concernent ?
Ce qu’il faut retenir
Le rapport d’ONU Femmes n’est pas qu’un simple constat ; il est un cri d’alarme. Les choix politiques et les coupes budgétaires ont des conséquences directes sur l’égalité des genres. Si l’égalité sans pouvoir n’est pas l’égalité du tout, il est grand temps que les États prennent des mes concrètes pour inverser cette tendance. Les femmes doivent non seulement être présentes dans les institutions, mais aussi avoir les moyens d’exercer le pouvoir et d’influencer les décisions qui façonnent notre avenir.
