Les États-Unis se préparent à un blocage prolongé du détroit d’Ormuz
Deux mois après le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, El País constate que « la seule certitude est que l’impasse actuelle perdure ». Les négociations sont au point mort, l’Iran ne montre aucun signe de fléchissement face aux pressions, et le président Donald Trump se prépare à une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz.
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Trump a indiqué que son option privilégiée est de prolonger le blocus américain des ports iraniens, convaincu que Téhéran commence à rencontrer des difficultés, même pour stocker son pétrole brut, faute de pouvoir l’exporter. Il a déclaré que « le blocus est un peu plus efficace que les bombardements », ajoutant que la situation allait empirer pour les Iraniens, qui ne peuvent pas avoir l’arme nucléaire.
Asphyxier l’économie iranienne
Selon plusieurs médias, l’Iran aurait proposé de lever le blocage du détroit d’Ormuz à condition que Washington mette fin au blocus des ports et accepte de reporter les discussions sur le nucléaire. Cependant, la Maison-Blanche refuse de lever son blocus tant que Téhéran n’aura pas formellement renoncé à toute ambition nucléaire.
Lors de récentes réunions à la Maison-Blanche, Trump a choisi de « continuer à asphyxier l’économie et les exportations pétrolières de l’Iran en empêchant tout trafic maritime à destination et en provenance de ses ports ». Il a estimé que ses autres options, telles que reprendre les bombardements ou se retirer du conflit, présentaient davantage de risques que le maintien du blocus.
Mardi, Trump a reconnu que le blocus américain pourrait durer « des mois, si nécessaire », cherchant déjà à minimiser l’impact sur les consommateurs américains. La poursuite du blocus « prolonge également un conflit qui a fait grimper le prix de l’essence, nuit à la cote de popularité de M. Trump et assombrit les perspectives des Républicains en vue des élections de mi-mandat », selon The Wall Street Journal.
Le rial iranien au plus bas
La fermeture prolongée d’une voie maritime qui voit transiter en temps de paix un cinquième de la production mondiale de pétrole inquiète les marchés. Mercredi, le baril de Brent a grimpé à plus de 119 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis 2022. L’Iran, confronté à des difficultés économiques, voit sa monnaie nationale atteindre son plus bas niveau face au dollar depuis la révolution islamique en 1979.
Un responsable militaire iranien a affirmé que les États-Unis s’exposaient à une « action sans précédent » si le blocus des ports iraniens se poursuivait. Il a déclaré que la retenue des forces armées visait à donner une chance à la diplomatie, mais que si les conditions de l’Iran étaient rejetées, l’ennemi devait s’attendre à un autre type de riposte.
Pete Hegseth face au Congrès américain
Le calendrier de sortie du conflit avec l’Iran a été abordé lors de l’audition de Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, à la Chambre des représentants. Il a réaffirmé que les États-Unis étaient « absolument » en train de vaincre l’Iran, saluant le « succès militaire stupéfiant » de la campagne, dont le coût est évalué à 25 milliards de dollars (21,4 milliards d’euros).
Un élu démocrate a questionné la possibilité de présenter ce conflit comme une victoire alors que l’Iran maintient son emprise sur le détroit d’Ormuz. Hegseth a rétorqué que les critiques des républicains et des démocrates « défaitistes » étaient les véritables adversaires, refusant de répondre à la question de la durée de la guerre.
Sources : El País, Axios, The Wall Street Journal, NBC News, Al-Jazeera.






