« Les droits de succession tuent la continuité de nos familles »

Les droits de succession tuent la continuité de nos familles

L’héritage en France est un sujet de débat intense. Le pays impose un taux de 60 % sur les successions entre parents au-delà du quatrième degré. Pour les héritages en ligne directe, l’impôt commence à 20 % après un abattement de 100 000 €, avec une progressivité de 5 à 15 % sur les premiers 15 932 €. La France figure parmi les pays de l’OCDE avec le plus lourd fardeau fiscal en matière de droits de transmission, représentant 0,7 % du PIB, contre 0,3 % en Allemagne, 0,2 % au Royaume-Uni, 0,1 % aux États-Unis, et moins de 0,1 % en Italie.

Des sondages montrent que la majorité des Français sont opposés à ces droits de succession. Cependant, des idéologies égalitaristes continuent de remettre en question la propriété et la transmission familiale. Des économistes comme Thomas Piketty préconisent des taux de taxation sur les successions pouvant atteindre 80 à 90 %, tandis que Jean-Luc Mélenchon propose des taxes sur les héritages dépassant 12 millions d’euros.

La propriété, selon certains penseurs, ne se limite pas à un simple avoir, mais est également essentielle à l’identité de l’individu. Elle permet de prolonger son individualité au-delà de la mort, un concept soutenu par Michel Foucault. La volonté d’un individu de transmettre ses biens doit être respectée, et toute entrave à cette volonté est perçue comme une atteinte à sa propriété.

La fiscalité sur les successions est également critiquée pour ses effets sur la structure familiale. Pierre-Joseph Proudhon, un socialiste du XIXe siècle, a qualifié ces impôts d’« attaque formelle à la famille », affirmant que l’État dépasse ses prérogatives fiscales en s’immisçant dans la sphère familiale.

L’éducation et la transmission de biens sont considérées comme des droits naturels des parents envers leurs enfants. Empêcher ou pénaliser la succession pourrait nuire aux motivations fondamentales du travail honnête et à la dynamique familiale.

La suppression des droits de succession dans des pays comme le Portugal en 2004, la Suède en 2005, et l’Autriche en 2008 a montré des résultats positifs. En Suède, par exemple, la réduction de la fiscalité a coïncidé avec une augmentation des revenus fiscaux, prouvant que des taux d’imposition moins élevés peuvent stimuler l’économie.

En conclusion, les droits de succession, en France, sont perçus comme un frein à la continuité familiale et à la transmission des valeurs et des biens. Trop d’impôt peut nuire à l’impôt lui-même, et la question de la succession mérite une attention particulière.

Source : La Croix

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