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Ce matin-là, l’une des ambulances de garde est dépêchée à la cité La Meynard à Fort-de-France pour un homme qui se remet mal d’un accident de la voie publique (AVP). Les professionnels sont agréés pour cette prise en charge, qui requiert des protocoles précis. Dans ce cas, ne pas autoriser le patient à se lever, c’est l’indication du SAMU qui craint une hémorragie cérébrale.
« Le malade a eu un AVP il y a 48 heures. Comme il a une suspicion au niveau du trauma crânien, on évite de le faire marcher. On va le descendre en chaise. Ensuite, position allongée dans un brancard pour le trajet et direction les urgences à La Meynard. »
Yann Kugler, ambulancier
Au CHU, l’homme est attendu pour un scanner. La mission, auprès du patient, prendra près de 3 heures aux ambulanciers. Car une fois arrivés à l’hôpital, les prises en charge sont rarement immédiates.
« Que ce soit sur du transport sanitaire ou sur de l’urgence, ce n’est pas juste « on arrive, on prend la personne et on s’en va. Et par rapport au nombre de véhicules qui arrivent, il n’y a pas assez de brancards ou bien les personnes sont encore dans les boxes et donc il n’y a pas de place de libre. »
Des missions longues et peu rentables qui fragilisent les professionnels
L’intervention sera payée 150 euros. Un forfait qui ne couvre pas les frais des entreprises qui, lorsqu’elles sont de garde, perdent beaucoup de temps à pallier le manque de personnel hospitalier.
« Nous devons faire l’admission au niveau des hôpitaux, nous devons peser le patient lorsqu’on arrive dans certains centres. Nous devons attendre, aller chercher des patients dans les services lorsqu’il y a un manque de personnel au niveau de l’hôpital. En fait, notre personnel est substitué au personnel de l’hôpital. Ça n’entre pas dans notre prise en charge. »
Gladys Sevele, porte-parole du syndicat martiniquais de la mobilité sanitaire
Pendant les gardes, les ambulanciers estiment que 5 sorties par jour seraient nécessaires pour être rentables, ce qui est pratiquement impossible. Ajoutons à cela l’augmentation des prix des carburants et le retard de paiement de plusieurs mois, voire plusieurs années par les centres hospitaliers.
En France, la profession dénonce une cascade de défaillance d’entreprise en 2025 et réclame un fonds immédiat pour soutenir un métier en danger.
« Les ambulanciers de Martinique : entre urgences et absurdités bureaucratiques »
Des ambulanciers en détresse, un système de santé à bout de souffle : l’absurdité des promesses politiques face à la réalité.
Ce matin-là, l’une des ambulances de garde est dépêchée à la cité La Meynard à Fort-de-France pour un homme qui se remet mal d’un accident de la voie publique (AVP). Les professionnels sont agréés pour cette prise en charge, qui requiert des protocoles précis. Dans ce cas, ne pas autoriser le patient à se lever, c’est l’indication du SAMU qui craint une hémorragie cérébrale.
« Le malade a eu un AVP il y a 48 heures. Comme il a une suspicion au niveau du trauma crânien, on évite de le faire marcher. On va le descendre en chaise. Ensuite, position allongée dans un brancard pour le trajet et direction les urgences à La Meynard. »
Yann Kugler, ambulancier
Au CHU, l’homme est attendu pour un scanner. La mission, auprès du patient, prendra près de 3 heures aux ambulanciers. Car une fois arrivés à l’hôpital, les prises en charge sont rarement immédiates.
« Que ce soit sur du transport sanitaire ou sur de l’urgence, ce n’est pas juste « on arrive, on prend la personne et on s’en va. » Et par rapport au nombre de véhicules qui arrivent, il n’y a pas assez de brancards ou bien les personnes sont encore dans les boxes et donc il n’y a pas de place de libre. »
Ce qui se passe réellement
L’intervention sera payée 150 euros. Un forfait qui ne couvre pas les frais des entreprises qui, lorsqu’elles sont de garde, perdent beaucoup de temps à pallier le manque de personnel hospitalier.
« Nous devons faire l’admission au niveau des hôpitaux, nous devons peser le patient lorsqu’on arrive dans certains centres. Nous devons attendre, aller chercher des patients dans les services lorsqu’il y a un manque de personnel au niveau de l’hôpital. En fait, notre personnel est substitué au personnel de l’hôpital. Ça n’entre pas dans notre prise en charge. »
Gladys Sevele, porte-parole du syndicat martiniquais de la mobilité sanitaire
Pendant les gardes, les ambulanciers estiment que 5 sorties par jour seraient nécessaires pour être rentables, ce qui est pratiquement impossible. Ajoutons à cela l’augmentation des prix des carburants et le retard de paiement de plusieurs mois, voire plusieurs années par les centres hospitaliers.
En France, la profession dénonce une cascade de défaillance d’entreprise en 2025 et réclame un fonds immédiat pour soutenir un métier en danger.
Pourquoi cela dérange
Les incohérences sont criantes : des ambulanciers qui se substituent au personnel hospitalier, des interventions mal rémunérées, et une bureaucratie qui semble plus préoccupée par les chiffres que par la santé des citoyens. C’est un véritable jeu de chaises musicales où, au final, ce sont les patients qui paient le prix fort.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : un système de santé déjà fragilisé qui se retrouve encore plus en difficulté, des ambulanciers au bord du burn-out, et des patients qui attendent des heures pour des soins urgents. Une situation qui ne peut que s’aggraver si aucune mesure n’est prise.
Lecture satirique
Dans un monde idéal, les promesses politiques seraient tenues et les ambulanciers seraient soutenus. Mais dans la réalité, on assiste à un décalage entre les discours lénifiants des élus et la dure réalité du terrain. Comme si la santé des Martiniquais n’était qu’un détail dans un grand plan bureaucratique.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, on observe des dérives similaires dans des pays comme les États-Unis ou la Russie, où les systèmes de santé sont souvent sous-financés et où les discours politiques sont déconnectés des réalités vécues par les citoyens. Une ironie amère qui montre que, peu importe le pays, la santé publique est souvent la dernière des priorités.
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se poursuit, on peut s’attendre à une aggravation des crises sanitaires et à une mobilisation accrue des professionnels de santé. Les promesses de réforme risquent de rester lettre morte, laissant les ambulanciers et les patients dans une situation précaire.
Sources
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