L’émir aux Lumières : quand les droits humains prennent un coup de fouet à Riyad !
Le fait principal
Les Lumières, ce concept souvent glorifié, sont aujourd’hui sous le feu des critiques. À l’extrême droite, on prône un pouvoir autoritaire, reléguant la démocratie libérale à un souvenir poussiéreux. En face, des voix s’élèvent pour dénoncer les Lumières comme complices d’un impérialisme européen inacceptable. Entre ces deux extrêmes, une tentative de réhabilitation des Lumières émerge, mais à quel prix ?
Ce qui s’est passé
Dans un contexte où les valeurs des Lumières sont attaquées, l’émir Abdelkader et d’autres penseurs d’Afro-Asie du XIXe siècle sont redécouverts comme des figures essentielles. Ces penseurs, souvent oubliés, offrent une perspective qui transcende le clivage entre Lumières et anti-Lumières. Alors que des auteurs comme Rousseau ou Hegel sont célébrés, d’autres, tels que Michaelis ou Eichhorn, sont laissés dans l’ombre. Cette dynamique révèle une lutte intellectuelle pour redéfinir les fondements de la pensée critique.
Le contexte
L’orientalisme, ce discours construit par l’Occident sur l’Orient, soulève des questions cruciales. Est-il un outil d’objectivité ou un miroir déformant de la colonisation ? La critique de l’orientalisme a ouvert la voie à des lectures nouvelles, mais la pensée occidentale reste profondément marquée par ses préjugés. L’émir Abdelkader, en particulier, a contesté cette vision en affirmant que la raison doit connaître les hommes par la vérité, et non l’inverse.
Les chiffres à retenir
Peu de données chiffrées sont disponibles dans ce débat philosophique, mais il est essentiel de noter que les courants de pensée dominants continuent de provenir majoritairement de l’Europe. Les chiffres ne sont pas seulement des statistiques : ils incarnent une réalité où les voix non-européennes sont souvent marginalisées.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une tension fondamentale : d’un côté, la volonté de réhabiliter les Lumières, de l’autre, la nécessité de reconnaître les voix qui ont été exclues du débat. Les contradictions sont frappantes : le RN et ses semblables veulent défendre une vision de la France ancrée dans des valeurs républicaines, tout en s’attaquant aux fondements mêmes de ces valeurs. La promesse d’une pensée critique et pluraliste est écrasée sous le poids des statues de la tradition.
Ce qu’il faut retenir
Les Lumières ne sont pas un héritage à préserver sans questionnement. Elles doivent être réinterrogées à la lumière des voix qui ont été historiquement étouffées. La réhabilitation des Lumières doit passer par une inclusivité qui remet en cause le canon intellectuel eurocentré. En somme, il est temps de briser les statues et d’ouvrir le débat à des pensées plurielles, loin des dogmes imposés.
Source : Mohamed Amer Meziane, Le Sacrifice du ciel : Une autre histoire de la raison, Seuil, 18 septembre 2026.
