
L’élevage sans cage : une transition économiquement viable selon les agriculteurs et experts
La transition vers un élevage sans cage est non seulement bénéfique pour les animaux, mais également plébiscitée par les consommateurs. Elle est jugée économiquement viable et peut être généralisée grâce à une législation européenne adaptée et à un soutien financier adéquat. Ce message a été réaffirmé par des agriculteurs, des décideurs politiques et des organisations de protection animale lors d’un événement au Parlement européen.
Un nouveau rapport publié par l’Institut pour la politique environnementale européenne (IEEP) confirme qu’une transition hors de l’élevage en cage est possible et propose des recommandations sur la manière dont les gouvernements peuvent soutenir les agriculteurs durant ce processus.
Lors de cet événement, Oliver Varhelyi, commissaire au bien-être animal, a souligné que l’appel à l’élevage sans cage est clair : « nous pouvons et devons » y parvenir. Il a insisté sur l’importance d’un soutien financier pour les agriculteurs et sur la nécessité de propositions ambitieuses pour moderniser la législation sur le bien-être animal, y compris pour les produits importés. Les travaux sur ces propositions législatives, attendues d’ici la fin de l’année, sont en cours.
Malgré l’engagement de la Commission européenne en 2021 de supprimer progressivement les cages, aucune proposition législative n’a encore été introduite, et 300 millions d’animaux sont encore détenus en cage chaque année dans l’UE. Parallèlement, la politique agricole commune (PAC) continue de permettre l’investissement de fonds publics dans des systèmes fermés, ce qui maintient les agriculteurs dans des modèles obsolètes.
Le rapport de l’IEEP met en lumière plusieurs points clés :
- L’abandon des cages est réalisable avec un soutien financier adéquat.
- Les financements européens et nationaux doivent être davantage ciblés sur cette transition pour qu’elle puisse se réaliser à grande échelle.
- L’incertitude concernant la législation européenne constitue un obstacle pour les agriculteurs désireux d’abandonner les cages.
Des éleveurs pratiquant l’élevage en plein air, tels que Taru Antikainen, productrice de porcs, et Christoph Hönig, éleveur de poules pondeuses, ont partagé des exemples concrets de cette transition. Ils ont également appelé la Commission européenne à garantir des normes équivalentes pour les importations afin d’assurer une concurrence loyale.
Taru Antikainen a déclaré : « Les agriculteurs sont prêts à investir dans un meilleur bien-être animal, mais la bonne volonté ne suffit pas. La transition vers un élevage sans cage nécessite de véritables outils financiers ». De son côté, Krzysztof Śmiszek, député européen, a insisté sur la nécessité de conditions de concurrence équitables et de soutien financier.
L’événement a été organisé par des députés européens de divers partis politiques, ainsi que par Compassion in World Farming et Eurogroup for Animals. Ces organisations appellent à la présentation rapide de propositions législatives visant à mettre fin à l’élevage en cage d’ici la fin de l’année et à allouer un soutien financier aux éleveurs pour leur permettre d’investir durablement.
Source : Institut pour la politique environnementale européenne (IEEP)





