Législatives au Maroc : Les partis en difficulté et les islamistes en embuscade
Alors que les trois partis de la coalition sortante – Rassemblement National des Indépendants (RNI), Parti Authenticité et Modernité (PAM) et Istiqlal – se préparent à une lutte acharnée en vue des législatives de septembre, les islamistes du Parti de la Justice et du Développement (PJD) observent attentivement, prêts à exploiter toute faiblesse du système politique traditionnel. La tâche du futur gouvernement sera immense, devant naviguer dans un contexte particulièrement incertain.
Depuis l’adoption de la constitution de 2011, issue des mouvements de contestation du « 20 février », le Maroc n’a jamais connu une telle attente. La relation entre le roi Mohammed VI et son peuple, ainsi que ses succès diplomatiques, notamment au Sahara et en Afrique, ont permis au Palais de maintenir une certaine stabilité sociale, malgré des tensions, comme celles observées lors de la révolte du Rif.
Le gouvernement qui émergera des urnes le 23 septembre 2023 devra faire face à plusieurs défis. D’abord, une succession au trône se profile, alors que la santé du roi semble fragile. Ensuite, les autorités devront préparer le pays à l’organisation de la Coupe du monde 2030, un défi logistique majeur. Les préoccupations concernant la circulation, la capacité hôtelière et la gestion des ressources en eau et en énergie sont déjà au cœur des discussions publiques, surtout après la gestion critiquée de la Coupe d’Afrique des Nations en janvier dernier.
Enfin, la diplomatie marocaine, fondée sur des alliances avec Israël et les Émirats, est mise à l’épreuve depuis les récents événements tragiques au Moyen-Orient, qui suscitent des inquiétudes au sein de la population, particulièrement en ce qui concerne la solidarité avec la cause palestinienne.
Les résultats des élections pourraient être très serrés. Le RNI, proche du Palais, le PAM, qui a tenté d’endiguer la montée islamiste, et l’Istiqlal, en quête de regain d’influence, se préparent à une campagne électorale intense. Le Premier ministre sortant, Aziz Akhannouch, a déjà dû faire face à des critiques concernant son bilan, ce qui a conduit à sa démission de la présidence du RNI en raison de pressions du Palais.
Le PAM, quant à lui, fait face à des accusations de mauvaise gestion, tandis que l’Istiqlal, qui avait réussi à se positionner comme un acteur modéré, a vu son image ternie par des fuites compromettantes.
Les islamistes du PJD, bien que marqués par un bilan mitigé, pourraient jouer un rôle clé dans un scénario où aucun parti ne parviendrait à s’imposer clairement. Leur leader, Abdelilah Benkirane, peut rassembler un électorat fidèle, et le PJD pourrait ainsi se retrouver en position de faiseur de rois dans un gouvernement d’union nationale.
Dans ce contexte, le scrutin du 23 septembre pourrait offrir au PJD une opportunité de se repositionner sur la scène politique, en capitalisant sur les faiblesses des autres partis.
Source : Analyse basée sur les événements politiques récents au Maroc.
