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Le trou du réacteur 3 de Fukushima Daiichi dévoilé
La compagnie Tokyo Electric Power Company (TEPCO) a publié le 19 mars 2026 des images révélant un trou dans la cuve du réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Ces images, capturées par une caméra montée sur un drone miniature, montrent pour la première fois le fond de la cuve de ce réacteur, qui a subi une fusion du cœur. La cuve, élément central du réacteur où le combustible nucléaire réagit pour chauffer l’eau, présente des structures délabrées recouvertes de corium, un mélange de combustible et de matières fondues. Les investigations ont été menées du 5 au 19 mars.
Les images ont été enregistrées grâce à des micro-drones de 12 x 13 centimètres et pesant 95 grammes, déployés pour recueillir des données visuelles, radiologiques et structurelles à l’intérieur du réacteur. Les drones ont été manœuvrés avec précaution autour des équipements endommagés pour atteindre l’enceinte de confinement primaire et le fond de la cuve sous pression.
Le 14 mars 2011, le fond de la cuve en acier du réacteur 3, mesurant 5,5 mètres de diamètre et 14 centimètres d’épaisseur, avait fondu sous l’effet de la chaleur du combustible incontrôlable. Des dépôts de corium, de couleur orangée à brunâtre, sont visibles, formant des stalactites ou des grappes. Une inspection par un robot sous-marin en 2017 avait déjà confirmé qu’un tuyau de 28 centimètres de diamètre, qui aurait dû se trouver à l’intérieur de la cuve, était tombé au fond, révélant ainsi la formation d’un trou significatif.
TEPCO prévoit de commencer le démantèlement complet des débris de l’unité n° 3 à partir de 2037. La méthode proposée consistera à faire tomber les débris de la cuve dans l’enceinte de confinement, puis à les récupérer à l’aide d’un équipement latéral. Une carte 3D sera réalisée à partir des images vidéo enregistrées pour faciliter cette opération.
Pour l’heure, TEPCO a récupéré seulement 0,9 gramme de corium en 15 ans, tandis qu’il en reste environ 880 tonnes dans les réacteurs 1, 2 et 3. Les travaux de démantèlement sont estimés à plusieurs dizaines de milliers de milliards de yens, un coût qui sera supporté par le contribuable japonais, TEPCO ayant été nationalisé en 2012.
(Source : TEPCO, Bloomberg)



