En 2025, 61,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans étaient en emploi en France, un niveau inédit depuis le début de la série statistique en 1975. La hausse atteint 1,3 point en un an. Mais attention au vocabulaire : ce chiffre correspond au taux d’emploi, et non au taux d’activité. La nuance compte, car ce dernier inclut aussi les personnes au chômage qui recherchent un emploi. (dares.travail-emploi.gouv.fr)

Ce qui change

La progression de l’emploi concerne particulièrement les 60-64 ans. Leur taux d’emploi s’établit à 44,4 % en 2025, en hausse de 8,2 points en trois ans. Pour les 55-59 ans, il atteint 78,8 %, soit 2,5 points de plus qu’en 2022. La Dares relie en partie l’évolution des plus âgés à la réforme des retraites de 2023, qui a modifié l’âge de départ et les conditions de durée de cotisation pour les générations concernées. Ces données décrivent une évolution concomitante : elles ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer toute la hausse à la réforme. (dares.travail-emploi.gouv.fr)
Les générations nées entre 1962 et 1964 sont les premières intégralement concernées par cette réforme. À âge comparable, leur taux d’emploi est plus élevé que celui des générations précédentes. Cela ne signifie toutefois pas que tous les seniors restent en poste jusqu’à la retraite : les situations varient selon l’âge, le parcours professionnel et le niveau de diplôme.
Ce que montrent les données
Le taux d’emploi rapporte les personnes en emploi à l’ensemble de la population de la tranche d’âge. Il ne mesure donc ni le nombre d’embauches réalisées ni la part de tous les seniors qui souhaitent travailler. Selon la définition du Bureau international du travail, les personnes en emploi comprennent notamment celles qui ont travaillé au moins une heure rémunérée pendant la semaine de référence, ainsi que certaines personnes temporairement absentes de leur poste. (insee.fr)
En 2025, le taux d’emploi s’élève à 83 % chez les 25-54 ans, contre 78,8 % pour les 55-59 ans et 44,4 % pour les 60-64 ans. Il reste supérieur à 80 % jusqu’à 56 ans, puis diminue avec l’âge. À 61 ans, il passe sous 60 %, et à partir de 64 ans, sous 25 %. Cette baisse accompagne notamment les transitions vers la retraite, mais une partie des personnes n’est alors ni en emploi ni retraitée. La Dares situe cette part autour de 16 % entre 50 et 54 ans ; elle augmente ensuite et atteint un pic à 60 ans. (dares.travail-emploi.gouv.fr)
Le chômage des 55-64 ans, mesuré parmi les actifs selon le BIT, s’établit à 5,2 % en 2025. Ce taux ne doit pas être confondu avec la part de chômeurs dans toute la population de cette tranche d’âge : son dénominateur comprend uniquement les personnes en emploi ou au chômage. (dares.travail-emploi.gouv.fr)
Qui est concerné
Les chiffres couvrent les personnes de 55 à 64 ans vivant en logement ordinaire. Ils mettent en évidence des écarts au sein même de cette population. La Dares observe notamment un taux d’emploi plus élevé parmi les diplômés du supérieur : chez les 60-64 ans, il atteint 61 % pour les titulaires d’un diplôme supérieur à bac+2, contre 33 % pour les personnes titulaires d’un CAP ou d’un BEP. L’organisme souligne que les emplois plus qualifiés sont généralement moins pénibles physiquement, ce qui peut favoriser des carrières plus longues. Ces écarts ne résument pas les situations individuelles et ne disent pas, à eux seuls, pourquoi une personne travaille ou quitte l’emploi. (dares.travail-emploi.gouv.fr)
La France reste aussi en retrait par rapport à l’Union européenne : le taux d’emploi des 55-64 ans atteint 66,4 % dans l’UE, contre 61,7 % en France. L’écart est surtout marqué chez les 60-64 ans, dont le taux d’emploi français est de 44,4 %, contre 55 % en moyenne européenne. La France se classe au 17e rang des 27 pays de l’Union pour l’ensemble des 55-64 ans. (dares.travail-emploi.gouv.fr)
Ce qu’il faut retenir
Le record de 2025 traduit une présence accrue des 55-64 ans dans l’emploi, mais il ne signifie pas que les difficultés de fin de carrière ont disparu. Pour interpréter correctement le chiffre central, il faut retenir qu’il s’agit d’un taux d’emploi, distinguer les 55-59 ans des 60-64 ans et tenir compte des personnes qui ne travaillent pas sans être encore à la retraite. Pour les salariés et les employeurs, la question ne porte donc pas seulement sur le maintien en activité, mais aussi sur les conditions permettant de poursuivre une carrière dans de bonnes conditions.
Source : Emploi Archives
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