Le superamas Vela, mégastructure cosmique cachée derrière la Voie lactée, révèle son étendue colossale sur 300 millions d'années-lumière

Le superamas Vela révèle son étendue colossale sur 300 millions d’années-lumière

Depuis des décennies, environ 20 % du ciel demeurait invisible aux astronomes. En mars 2026, une équipe internationale a levé une partie de ce voile en révélant la véritable étendue du superamas Vela, caché derrière le disque dense de notre propre galaxie. L’étude, publiée sur le serveur de prépublication arXiv, est signée par A. M. Hollinger et H. M. Courtois de l’Université Claude Bernard Lyon 1, R. C. Kraan-Korteweg de l’Université du Cap, J. Mould de l’Université Swinburne (Australie), et S. H. A. Rajohnson de l’Observatoire Astronomique de Cagliari. Leurs résultats indiquent que le superamas Vela rivaliserait en masse avec le superamas de Shapley, longtemps considéré comme la structure la plus massive de l’Univers proche. Ces résultats restent à confirmer par une revue formelle par les pairs.

Une zone du ciel longtemps interdite

Le problème est connu sous le nom de « Zone d’Évitement ». Le plan de la Voie lactée concentre des milliards d’étoiles et d’épais nuages de poussière qui absorbent ou diffusent la lumière des galaxies lointaines. Cette région représente environ 20 % du ciel extragalactique, laissant un angle mort dans les cartes des grandes structures de l’Univers. Le superamas Vela se trouve précisément dans cette zone, dans la direction de la constellation du même nom, à environ 800 millions d’années-lumière.

Une méthode innovante

Pour surmonter cet obstacle, l’équipe a développé une technique hybride qui combine les positions des galaxies et leurs mouvements induits par la gravitation. Hélène Courtois, chercheuse impliquée dans l’étude, explique que cette approche permet de reconstruire les écoulements de matière et de révéler la distribution de masse sous-jacente, y compris des structures autrement invisibles.

Une masse qui rivalise avec les plus grands

Les résultats révisent considérablement l’image antérieure du superamas Vela. La structure s’étend sur environ 300 millions d’années-lumière et présente une masse totale estimée à 33,8 × 10¹⁶ masses solaires, soit environ 30 000 milliards de milliards de fois la masse du Soleil. Cette valeur rivalise avec le superamas de Shapley et surpasserait l’influence gravitationnelle de Laniakea, qui abrite notre propre Voie lactée.

Implications pour la cosmologie

Ces résultats ont des implications directes pour la cosmologie. Les « flux cosmiques », qui désignent les mouvements d’ensemble des galaxies sous l’effet de la gravité à très grande échelle, sont difficilement expliqués par les modèles actuels. Identifier un acteur gravitationnel aussi massif que Vela pourrait aider à réconcilier théorie et observation. Cependant, confirmer la masse et l’étendue de Vela-Banzi nécessitera des observations plus profondes et plus complètes.

L’équipe a proposé un nom local pour la structure : « Vela-Banzi », tiré de la langue xhosa et signifiant « révéler largement ». Ce travail ouvre la voie à de futures cartographies systématiques de la Zone d’Évitement, notamment avec les grands relevés de la prochaine génération de radiotélescopes.

Source : arXiv

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