Le RN modernise les routes, mais oublie les chemins de la justice sociale !
Le fait principal
Le haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a dévoilé, le 24 septembre 2026, un ambitieux « plan Freycinet pour le XXIe siècle » visant à moderniser les infrastructures françaises tout en répondant aux défis environnementaux et sociétaux.
Ce qui s’est passé
Cette initiative, pilotée par l’ancien préfet Michel Lalande, s’inscrit dans un contexte où le rapport Cadot avait déjà mis en lumière des propositions pour accélérer les projets d’infrastructures. Le HCSP a souligné l’importance de régénérer les infrastructures existantes, souvent vieillissantes et sous-investies, en opposition à la construction de nouvelles. Les besoins de régénération des infrastructures routières, par exemple, sont estimés à 2,3 milliards d’euros de dette grise, avec un besoin d’investissement supplémentaire d’environ 1 milliard d’euros par an.
Le contexte
La France fait face à un double défi : moderniser son patrimoine infrastructurel tout en respectant les exigences environnementales. En effet, la nécessité de s’adapter aux crises géopolitiques et climatiques est plus pressante que jamais. Le rapport de la mission insiste sur une approche qui privilégie les usages réels des infrastructures plutôt que leur simple construction. En d’autres termes, il ne s’agit pas de multiplier les kilomètres de routes ou de rails, mais de garantir un service de qualité, accessible et durable.
Les chiffres à retenir
– Dette grise des infrastructures routières : 2,3 milliards d’euros.- Besoins d’investissement annuels supplémentaires : 1 milliard d’euros.- Déficit annuel de renouvellement des réseaux d’eau : entre 0,3 et 4,8 milliards d’euros.- Objectif d’indépendance énergétique : 95% d’ici 2050 (contre 56% en 2023).- Éradication de la précarité énergétique : d’ici 2035.
Ce que cela révèle
Ce plan, qui se veut une réponse moderne aux défis d’un monde en mutation, met en lumière une réalité troublante : la France a longtemps négligé ses infrastructures. Alors que l’État prône une vision ambitieuse et durable, les investissements nécessaires semblent encore relégués au second plan. En somme, le gouvernement veut redorer son blason sur le papier, tandis que la réalité sur le terrain reste préoccupante. La promesse d’une infrastructure « Tracc-proof » se heurte à des chiffres alarmants qui témoignent d’un retard criant. Un double discours qui rappelle que les mots, si bien choisis soient-ils, ne remplacent pas les actes.
Ce qu’il faut retenir
Le « plan Freycinet pour le XXIe siècle » est une tentative louable de redéfinir l’aménagement du territoire en France. Cependant, les défis financiers et structurels demeurent immenses. La question est de savoir si cette vision se traduira réellement en actions concrètes ou si elle restera une déclaration d’intention parmi tant d’autres.
Source : Localtis, Philie Marcangelo-Leos, 24 septembre 2026
