
Le rêve d’Einstein bientôt réalisé grâce à une nouvelle théorie ?
LETTRE DE L’ESPACE. L’astrophysicien Olivier Minazzoli a découvert une équation qui pourrait enfin réconcilier l’infiniment petit et l’infiniment grand.
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En science, certaines découvertes se font au fil des décennies, tandis que d’autres émergent de manière inattendue, souvent à travers une équation. C’est ce qui est arrivé à Olivier Minazzoli, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur et administrateur du Bureau des affaires spatiales de Monaco.
Il y a environ dix ans, en reformulant une théorie existante, Minazzoli a rencontré une structure mathématique inattendue. Cette découverte, qualifiée de « relativité intriquée », se présente comme une avancée significative là où la relativité générale d’Einstein a rencontré des limites.
Le rêve inachevé d’Einstein
En 1915, Albert Einstein a publié sa théorie de la relativité générale, qui établit que la matière courbe l’espace-temps. Cependant, cette théorie permettait l’existence d’univers vides, sans matière. Einstein lui-même a reconnu, lors d’une visite aux États-Unis en 1921, que l’absence de matière devait signifier la disparition de l’univers.
La relativité intriquée, selon Minazzoli, corrige cette lacune en rendant indissociables matière et courbure. En d’autres termes, si la matière disparaît, l’espace-temps disparaît également. Cette approche pourrait satisfaire le principe de Mach, que d’autres physiciens ont tenté de formaliser sans succès.
La résolution de l’Univers change
Deux études récentes, publiées dans Classical and Quantum Gravity et Physics Letters B, révèlent que cette intrication rend certaines constantes fondamentales variables. Cela pourrait avoir des implications majeures, car en physique, moins on a besoin de constantes arbitraires, mieux c’est.
La constante de gravitation et la constante de Planck, qui définissent respectivement la chute des objets et la taille minimale des grains de matière, pourraient varier selon l’environnement. Ainsi, la « résolution » de l’univers pourrait changer selon le lieu, une perspective qui pourrait transformer notre compréhension de l’univers.
Une théorie que l’on peut tester
Pour observer les effets de la relativité intriquée, il est nécessaire de se rendre dans des zones où la gravité est extrême, comme les naines blanches et les étoiles à neutrons. Dans ces environnements, la constante de Planck pourrait varier jusqu’à 5 %, ce qui serait suffisant pour laisser une empreinte observable.
La relativité intriquée se distingue par sa capacité à être testée de manière empirique. Contrairement à d’autres théories alternatives, elle ne laisse aucune place à des ajustements arbitraires. Si les observations ne correspondent pas aux prédictions, la théorie sera considérée comme fausse.
Réconcilier relativité générale et mécanique quantique
La relativité intriquée pourrait également ouvrir la voie à une réconciliation entre la relativité générale et la mécanique quantique, deux théories qui ne parviennent pas à fonctionner ensemble à certaines échelles. En rendant la constante de Planck variable, cette nouvelle théorie pourrait supprimer les obstacles qui se dressent entre ces deux paradigmes.
Si les observations soutiennent cette théorie, elle pourrait redéfinir notre compréhension du cosmos.
Source : Le Point




