
Le PE demande des mesures accrues de lutte contre la cyberintimidation dans l’UE
Dans une résolution adoptée jeudi par un vote à main levée, les députés européens ont appelé à l’instauration de sanctions efficaces et dissuasives pour les actes de cyberintimidation, à faciliter le signalement des incidents pour les victimes et à combler les lacunes juridiques au niveau de l’UE, afin de mieux reconnaître l’ampleur et la gravité du problème.
Les députés ont exprimé leur inquiétude face à la recrudescence du cyberharcèlement et des abus en ligne, souvent perpétrés à l’aide d’images ou de vidéos. Ils jugent les mesures actuelles insuffisantes et demandent à la Commission européenne d’examiner la nécessité d’une définition harmonisée du cyberharcèlement au sein de l’UE. Ils envisagent également de le reconnaître comme un délit transfrontalier. Par ailleurs, ils suggèrent d’ajouter les crimes haineux à la liste des infractions pénales de l’UE pour mieux couvrir les cas les plus graves.
Le Parlement a également fait état de l’absence d’un cadre juridique pour la détection des contenus pédopornographiques en ligne, appelant la Commission à agir rapidement pour garantir que les plateformes numériques mettent en place des mécanismes de signalement volontaires, tout en soulignant leur obligation de garantir un espace numérique sûr pour les enfants.
Concernant la responsabilité des plateformes, les députés ont insisté sur la nécessité de les rendre responsables de la prévention et de la lutte contre le cyberharcèlement. Ils ont mis en garde contre des modèles économiques favorisant la diffusion de contenus haineux, en particulier à l’égard des mineurs, des femmes et de la communauté LGBTQI+. Ils ont également critiqué les systèmes de recommandation hyper-personnalisés qui favorisent les discours haineux.
Le Parlement souhaite également renforcer l’application de l’article 28 de la législation sur les services numériques, axé sur la protection des mineurs, et exhorte la Commission à finaliser les dossiers en attente. Les députés se sont alarmés de l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle à des fins abusives, comme la création de deepfakes, et ont appelé à l’interdiction des applications de nudification.
En matière de soutien aux victimes, le texte souligne l’importance d’améliorer la protection et l’assistance aux victimes de cyberharcèlement. Les États membres sont invités à prioriser la prévention, l’éducation et la sensibilisation auprès des jeunes, des parents et des éducateurs, tout en veillant à la mise en œuvre rapide de la directive européenne sur les droits des victimes.
Le cyberharcèlement représente une menace sérieuse pour la sécurité en ligne et le bien-être des jeunes, avec des conséquences graves pour les victimes. Selon une enquête, 92 % des citoyens européens souhaitent que les autorités prennent des mesures dans ce domaine. En réponse, la Commission a présenté en février 2026 un plan d’action spécifique contre le cyberharcèlement. Bien que certains États membres, comme l’Irlande, mettent en place des mesures ciblées, la fragmentation juridique demeure au sein de l’UE.
Source : Parlement européen.





