
Le ministère de l’Agriculture publie une liste de 120 usages prioritaires des pesticides
Le 11 avril 2026, le ministère de l’Agriculture a dévoilé, via le Journal officiel, une liste de plus de 120 usages de pesticides considérés comme prioritaires. Cette initiative vise à orienter le calendrier d’examen des autorisations de mises sur le marché (AMM) de ces produits par les autorités sanitaires.
L’arrêté établit une « liste des usages phytopharmaceutiques » destinée à lutter contre des organismes nuisibles ou des végétaux indésirables qui affectent significativement le potentiel de production agricole et alimentaire. Selon le ministère, ces situations nécessitent l’utilisation de pesticides, car les alternatives sont « inexistantes » ou « insuffisantes ». Cette liste inclut des nuisibles tels que les mouches et les pucerons, ainsi que des maladies comme le mildiou et la rouille, menaçant diverses cultures, des arbres fruitiers aux légumes, en passant par la vigne et les céréales.
Cette publication fait suite à un rapport de l’institut de recherche public Inrae, qui a été chargé d’identifier les situations où il n’existe pas d’alternatives aux néonicotinoïdes, produits interdits en France depuis 2018. Inrae a également participé à un « comité des solutions » mis en place fin mars pour aborder ces questions.
La liste pourrait susciter des critiques de la part d’organisations non gouvernementales (ONG). En effet, le débat sur l’utilisation des pesticides a été relancé à l’été 2025 lors de l’examen de la loi Duplomb, qui tentait de réintroduire un pesticide néonicotinoïde, une mesure finalement censurée par le Conseil constitutionnel en raison de préoccupations environnementales. Ce texte prévoyait également d’imposer des priorités dans les travaux de l’Anses, l’agence sanitaire responsable de l’évaluation des pesticides.
Des parlementaires avaient alors exprimé leurs inquiétudes concernant l’indépendance de l’Anses, suite à des pressions exercées par des lobbys de l’industrie agrochimique et agricoles. Deux jours après l’adoption de la loi, un décret a été publié, stipulant que le directeur général de l’Anses devait prendre en compte la liste des usages des pesticides lors de l’examen des demandes d’autorisation de mise sur le marché.
Cette situation a été dénoncée par plusieurs associations, qui y voient une atteinte à l’autorité sanitaire française pour répondre aux exigences des lobbys.
Source : Franceinfo.




