
En Europe et aux États-Unis, le marché du travail pénalise les seniors
La question des discriminations à l’embauche des seniors devient cruciale, notamment en France, où la population vieillit et où l’âge de la retraite recule. En 2024, le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans atteint 60,4 %, un chiffre qui demeure inférieur de cinq points à la moyenne européenne. Par ailleurs, les candidats se considèrent comme seniors à partir de 53 ans, tandis que les recruteurs établissent ce seuil à 50 ans, selon une enquête Ipsos de 2022.
Pour examiner cette problématique, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail a analysé une trentaine d’études européennes et américaines. La note publiée le 22 avril, intitulée « Les seniors sont-ils vraiment discriminés lors du recrutement ? », croise les résultats des testings avec la littérature sur les stéréotypes liés à l’âge.
Des enquêtes à grande échelle, basées sur le testing, révèlent que les candidats plus jeunes ont en moyenne 1,5 fois plus de chances d’être rappelés par les employeurs que leurs homologues plus âgés. Cette méta-analyse, publiée en 2023 dans l’European Economic Review, synthétise les résultats de la majorité des études sur le sujet réalisées en Europe et aux États-Unis.
Les résultats mettent en lumière une réalité préoccupante : malgré une augmentation du taux d’emploi des seniors, les discriminations persistent, soulignant la nécessité d’une meilleure intégration professionnelle de cette tranche d’âge.
Source : Dares, Ipsos, European Economic Review




