
Kosovo : des élections anticipées prévues en juin
La crise politique au Kosovo se poursuit sans signe d’apaisement. Le parlement du pays n’a pas réussi à élire un nouveau président mardi dernier, suite à un jugement de la Cour constitutionnelle qui avait fixé cette date comme ultime échéance. En conséquence, le parlement a été dissous, et des élections seront organisées en juin, marquant ainsi le troisième scrutin depuis février 2026.
Ce dernier épisode de crise a été déclenché par l’incapacité du Premier ministre Albin Kurti, à la tête du mouvement d’auto-détermination (Vetevendosje), à parvenir à un consensus avec les partis d’opposition sur un candidat commun pour la présidence. Vetevendosje avait obtenu environ 5 % des voix lors de la dernière élection, qui s’est tenue à la fin décembre 2025. Avec la dissolution du parlement, le gouvernement de Kurti, formé en février, n’est désormais plus en fonction que de manière intérimaire.
Un désaccord entre Kurti et Osmani
Vjosa Osmani, qui a été présidente du Kosovo pendant cinq ans, de 2021 jusqu’au début d’avril 2026, avait initialement l’intention de se représenter. Cependant, elle n’a pas bénéficié du soutien de son Premier ministre, malgré leur position conjointe, qui avait suscité des espoirs pour le leadership politique du Kosovo il y a cinq ans. Kurti n’a pas explicitement affirmé qu’il ne soutiendrait pas Osmani pour un nouveau mandat, justifiant son manque de soutien par l’impossibilité d’obtenir plus de 66 voix, le nombre de sièges dont dispose son parti au sein du parlement. Pour élire le président, il faut au moins 80 voix sur un total de 120.
Osmani avait exprimé son intention de se représenter avant la fin de son mandat le 4 avril, affirmant avoir reçu le soutien de Kurti. Cependant, celui-ci a ensuite changé d’avis, indiquant qu’il ne soutiendrait plus sa candidature. Lors d’une session extraordinaire le 28 avril, Kurti a proposé Feride Rushiti, une candidate de la société civile, mais les partis d’opposition ont boycotté le vote.
Conséquences de l’instabilité politique
L’instabilité politique persistante au Kosovo a des répercussions sur le processus d’intégration européenne et le dialogue avec la Serbie. Selon Ehat Miftaraj, analyste politique à l’Institut de droit du Kosovo, cette situation affaiblit la position du Kosovo dans les négociations avec la Serbie et freine les réformes exigées par l’Union européenne. Miftaraj souligne que, bien que ces élections fréquentes témoignent d’une démocratie fonctionnelle, elles révèlent également les limitations du pays à avancer ses intérêts stratégiques.
Source : DW.




