
Étudiants étrangers : le gouvernement veut mettre fin aux « exonérations massives » des droits d’inscription
Le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé la volonté de faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises. Ces droits, instaurés en 2019, n’ont jusqu’à présent que peu été mis en œuvre, comme il l’a expliqué dans un entretien au Parisien publié le 20 avril.
« Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis », a déclaré Philippe Baptiste, en présentant le plan « Choose France For Higher Education », destiné à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur en France. Il a rappelé que la règle est désormais que les droits d’inscription doivent être différenciés, l’exonération devenant l’exception.
Introduite par la stratégie « Bienvenue en France », la modulation des droits d’inscription a été peu appliquée, avec seulement 10 % des étudiants extracommunautaires payant les droits différenciés. Les frais d’inscription pour ces étudiants seront fixés à 2 895 € par an en licence, contre 178 € actuellement, et 3 941 € en master, au lieu de 254 €. Philippe Baptiste a souligné que ces tarifs représentent seulement 30 % du coût de la formation, restant inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres destinations universitaires comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.
Des mécanismes de compensation seront maintenus, permettant aux meilleurs profils de bénéficier de bourses, et chaque université pourra exonérer jusqu’à 10 % de ses étudiants extracommunautaires, notamment dans le cadre d’accords de coopération avec des établissements étrangers.
« La mesure va se mettre progressivement en place, et ne concernera pas les étudiants déjà en cours de cycle », a assuré le ministre. D’ici deux à trois ans, cette politique pourrait générer environ 250 millions d’euros par an pour les universités.
Le plan « Choose France For Higher Education » ambitionne également de mieux orienter les étudiants étrangers vers des filières jugées stratégiques, telles que l’intelligence artificielle, le numérique, le quantique ou les biotechnologies, avec 60 % des bourses réservées à ces domaines. Le dispositif prévoit aussi une simplification des démarches administratives pour les étudiants internationaux à leur arrivée.
Source : Le Parisien






