
Crise de la pêche : Le navire industriel néerlandais Annie Hillina inquiète les professionnels à Boulogne-sur-Mer
Le 8 mai 2026, le port d’Ijmuiden, situé à 40 km d’Amsterdam, aux Pays-Bas, accueillera l’inauguration du navire industriel néerlandais Annie Hillina. Ce géant des mers, mesurant 112 mètres de long et 21 mètres de large, est un bateau usine capable de pêcher jusqu’à 400 tonnes par jour. Cette mise à l’eau suscite une vive inquiétude parmi les pêcheurs artisanaux du Boulonnais, qui perçoivent ce navire comme une concurrence déloyale. En réponse, l’ONG Bloom a lancé un appel à manifester sur place.
Bien que l’Annie Hillina soit principalement destiné à opérer dans l’Atlantique Nord-Est, l’Afrique de l’Ouest, la Mauritanie, et l’océan Pacifique, il pourra également pêcher dans la bande des 6 à 12 milles nautiques (11 à 22 km) des côtes françaises, une pratique légale mais jugée préoccupante par les professionnels de la pêche artisanale. Alexis Hagneré, un pêcheur du secteur depuis 30 ans, exprime son désarroi : « La pêche française aujourd’hui elle n’existe plus. Car elle appartient à des capitaux étrangers. Il ne reste que de pauvres petits artisans impactés par la hausse du prix du gazole et aussi par le gigantisme de ces bateaux néerlandais. »
Les artisans pêcheurs, comme Jean-Yves Noël, soulignent le sentiment d’injustice face à cette situation. « Tous les pays européens ne sont pas logés à la même enseigne, » déclare-t-il, tandis que Sarah Couvelard, fille de pêcheur, ajoute que Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche, est en train de dépérir si des mesures ne sont pas prises.
Au-delà des enjeux économiques, les pêcheurs mettent également en avant la nécessité de préserver les fonds marins. Stéphane Pinto, vice-président du comité régional des pêches maritimes, appelle à une prise de conscience des pouvoirs publics et à un rappel à la Commission européenne sur l’importance de la préservation des ressources maritimes. « Il faut alerter les pouvoirs publics, » insiste-t-il, « cela ne veut pas dire donner un accès à de tels navires pour détruire davantage. »
Laëtitia Bisiaux, responsable de la campagne pêche industrielle à l’ONG Bloom, partage cette inquiétude, soulignant que ces chalutiers peuvent opérer grâce à des quotas et des autorisations de pêche. Elle appelle à « arrêter l’hémorragie sociale et stopper la disparition des ressources. »
Une manifestation symbolique est prévue le 8 mai aux Pays-Bas, date de l’inauguration de l’Annie Hillina, pour sensibiliser le public et les décideurs à ces enjeux cruciaux pour l’avenir de la pêche artisanale en France.
Source : France Télévisions




