Un changement de cap après la finance
À 23 ans, Laurent Gounelle travaille comme cadre financier. La perspective d’une carrière et d’un salaire liés à la progression professionnelle ne suffit pourtant pas à répondre à une question qui le préoccupe : quel sens donner à cette trajectoire ? Quelques années plus tard, licencié, il choisit de ne pas reprendre les postes proposés dans ce secteur.
Il se tourne alors vers la psychologie et la philosophie, notamment lors de séjours aux États-Unis, et poursuit ses recherches au fil de rencontres. Ces expériences accompagnent un cheminement autour de la manière de vivre et de choisir sa voie. Depuis, ses romans sont devenus le lieu où il explore ces questions.
Un roman situé dans un pensionnat de 1916

Dans La vie est une grande aventure, publié chez Mazarine, l’intrigue met en scène Mary Campbell, une jeune Écossaise appelée à enseigner dans un pensionnat de garçons anglais en 1916. Professeure de philosophie et de biologie, elle refuse de réduire l’apprentissage à un classement et encourage ses élèves à coopérer et à douter de ce qu’ils considèrent comme évident.
Le projet du pensionnat occupait l’esprit de Gounelle depuis plus de dix ans. Deux tentatives précédentes n’avaient pas abouti ; la troisième a pris forme. Pour la première fois, l’écrivain situe son récit dans le passé, un choix qui l’a conduit à approfondir ses recherches documentaires.
Questionner la compétition et les idées reçues
Le roman prolonge une interrogation centrale dans la démarche de l’auteur : notre manière de concevoir le monde influence-t-elle notre façon de vivre ? Gounelle estime que voir l’existence comme un combat, un jeu ou une compétition conduit à l’organiser en conséquence. Cette réflexion se retrouve dans le parcours de Mary Campbell, qui encourage ses élèves à remettre en cause les évidences plutôt qu’à se mesurer les uns aux autres.
Le romancier relie aussi cette approche à son propre rapport à la réussite. Il évoque des souvenirs d’école où les copies étaient rendues selon les notes, ainsi qu’une place importante accordée à la comparaison dans sa famille. Ces expériences ont nourri sa méfiance envers une vision de l’existence ramenée à la performance.

Son précédent roman, Un monde presque parfait, paru en 2024, abordait les risques d’une société où algorithmes et surveillance pourraient réduire la capacité de décision. Le nouveau livre déplace la réflexion vers l’enfance, période où se construisent les réflexes et les représentations que l’on peut ensuite tenir pour naturelles.
La vie est une grande aventure, de Laurent Gounelle, est publié chez Mazarine. L’ouvrage compte 374 pages et est annoncé au prix de 20,90 euros.

Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD




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