
L’accord de paix colombien de 2016 n’a pas su préserver l’environnement, selon Juan Manuel Santos
L’ancien président colombien et prix Nobel de la paix, Juan Manuel Santos, a exprimé des préoccupations quant à l’inefficacité de l’accord de paix signé en 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Lors d’une conférence internationale sur la transition énergétique à Santa Marta, Santos a noté que cet accord n’a pas réussi à protéger l’environnement, et a même conduit à une recrudescence de la déforestation en Amazonie.
Santos a souligné que la mauvaise mise en œuvre de l’accord a permis aux groupes criminels de proliférer, devenant ainsi les principaux responsables de la déforestation. Selon lui, un des objectifs clés de l’accord était de restaurer le contrôle des territoires avec le soutien des communautés locales pour lutter contre le crime organisé. Cependant, ce dernier demeure un moteur central de la déforestation en Colombie, mais aussi au Brésil, en Équateur et au Pérou, grâce à des activités telles que l’élevage extensif et l’exploitation minière illégale.
Interrogé sur l’intégration de mesures environnementales dans un éventuel nouvel accord, Santos a affirmé que les accords de paix avec des groupes sans objectifs politiques souffrent souvent d’un manque de planification. Il a insisté sur la nécessité de prioriser la lutte contre la déforestation dans le cadre d’une stratégie plus large pour démanteler les cartels de la drogue et les mafias.
La Colombie, à un mois des élections présidentielles, a récemment été frappée par l’attentat le plus meurtrier contre des civils depuis trois décennies, soulevant des inquiétudes sur un possible retour de la violence. Santos a attribué cette situation à l’absence d’une mise en œuvre complète de l’accord de paix et à un manque de politique de sécurité cohérente, permettant aux groupes criminels de s’affronter et d’alimenter l’insécurité.
Lors de la conférence de Santa Marta, Santos espère des avancées concrètes pour encourager les nations à abandonner les énergies fossiles. Il a également critiqué les paradoxes des politiques environnementales de certains pays présents, comme la Colombie, un grand producteur de charbon, et le Brésil, qui envisage d’explorer le pétrole en eaux profondes.
Enfin, Santos a mis en garde contre les décisions politiques motivées par des considérations électorales, appelant les dirigeants à adopter un leadership visionnaire pour faire face aux défis environnementaux actuels.
(Source : entretien de Juan Manuel Santos, conférence internationale à Santa Marta)




