
La vie de Michael Jackson méritait une série Netflix en 10 épisodes
Près de dix-sept ans après sa mort, à 50 ans, d’une overdose médicamenteuse, le roi de la pop fait son retour dans une superproduction qui affiche des chiffres impressionnants : 217 millions de dollars de recettes mondiales engrangées lors de son premier week-end en salles (les 25 et 26 avril). Le film Michael s’impose ainsi comme l’un des plus grands succès de l’histoire pour un biopic musical. En France, il a pris la tête du box office avec plus de 2,6 millions de spectateurs en deux semaines d’exploitation.
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Cependant, ce succès n’est pas sans controverse. Une presse critique dénonce un scénario édulcoré, faisant l’impasse sur les accusations de pédocriminalité à l’encontre de la star américaine.
Pour comprendre ce phénomène, nous avons sollicité l’expertise d’Isabelle Petitjean, professeure en éducation musicale au collège Raoul Dufy à Nice et enseignante à l’ESRA Côte d’Azur. Docteure en musicologie et auteur de plusieurs ouvrages sur Michael Jackson, elle souligne que « la vie de Michael Jackson méritait une série Netflix en dix épisodes », en raison des nombreuses impasses temporelles et de la complexité de son parcours.
Une surprise cinématographique
Interrogée sur sa hâte d’assister à la projection, Isabelle Petitjean confie : « Je suis allée le voir à reculons, pour plusieurs raisons. Je craignais de ne pas retrouver l’énergie de Jackson et redoutais les doublures vocales. Finalement, j’ai été agréablement surprise. Le neveu Jaafar Jackson réussit à incarner son oncle de manière remarquable, même s’il n’a pas le physique longiligne de Michael. Ses performances sur Billie Jean et Beat It sont bluffantes. »
Impasses et constructions de personnalité
Elle note que le biopic présente des lacunes, notamment des transitions abruptes entre les différentes étapes de la carrière de Jackson, de Motown à Quincy Jones. « Il était impossible de brasser trente ans de vie en deux heures », ajoute-t-elle.
La première partie de sa vie permet d’éclairer la construction de sa personnalité, marquée par l’emprise de son père, Joe Jackson. Pour la jeune génération qui ne l’a pas connue, cela donne un aperçu de son évolution jusqu’en 1988.
Attentes pour la suite
Isabelle Petitjean s’interroge également sur l’absence de mention des accusations de pédocriminalité. « Ce biopic est très positif, car il se concentre sur une période heureuse de sa vie. J’attends avec impatience la suite, annoncée pour 2027, après la perquisition de Neverland en 1993. J’espère qu’elle sera plus fidèle à la vérité. »
Elle évoque l’image déshumanisée que la presse a souvent construite autour de Jackson. « Il était milliardaire, mais la couleur de sa peau, son apparence physique et sa sexualité ont souvent été des sujets de moquerie. »
Une figure mythologique
Le succès du biopic peut s’expliquer par le statut de Jackson en tant qu’icône postmoderne. « Il se voyait comme un artiste missionnaire, apportant lumière et espoir au monde. Beaucoup de gens m’ont dit : J’ai continué à vivre grâce à Michael », conclut-elle.
Ce retour de Michael Jackson sur le devant de la scène cinématographique souligne non seulement son héritage musical, mais aussi les enjeux complexes de sa vie personnelle, qui mériteraient d’être explorés en profondeur.
Source : Nice Matin



