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Sciences sociales

La revue Économie et Statistique publie son 550e numéro en 2026

Pour son 550e numéro, la revue Économie et Statistique publie trois études consacrées aux effets d’une réforme de l’assurance chômage, à la mesure du temps de travail et aux…

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Le numéro 550 de la revue Économie et Statistique, paru le 8 octobre 2026, réunit trois études sur le travail : les effets d’une réforme de l’assurance chômage en France, la façon dont les enquêtes mesurent le temps de travail et les compétences nécessaires aux métiers verts en Belgique. Leurs résultats éclairent des enjeux différents, mais rappellent une même précaution : ce que l’on mesure dépend des règles, des questions posées et des catégories retenues.

Des retours à l’emploi plus fréquents, mais surtout vers des contrats courts

La première étude, de Maxime Le Bihan et Brice Fabre, porte sur la réforme du calcul de l’allocation chômage entrée en vigueur en octobre 2021. Pour les personnes dont les parcours alternaient emploi et périodes sans emploi, la réforme a modifié à la fois le montant journalier et la durée potentielle d’indemnisation : l’allocation journalière pouvait diminuer tandis que la période indemnisable s’allongeait.

À partir de données administratives et de méthodes comparant des situations autour de l’entrée en vigueur de la réforme, les auteurs estiment que la part des allocataires concernés retrouvant un emploi dans les six mois a augmenté de 3,2 à 6,8 points de pourcentage. Le résultat est principalement associé à une hausse des reprises en contrats temporaires de moins de six mois. L’étude ne met pas en évidence une accélération comparable pour les CDI ou les contrats temporaires plus longs. L’article de Maxime Le Bihan et Brice Fabre souligne également que l’effet estimé est plus important pour les personnes dont le parcours professionnel était le plus discontinu.

Ce résultat porte sur les six premiers mois : les données ne permettent pas aux auteurs de tirer une conclusion fiable sur la stabilité de l’emploi ou la trajectoire professionnelle à plus long terme. Il ne signifie donc pas que la réforme a amélioré la qualité des emplois retrouvés.

Une question d’enquête peut modifier le temps de travail déclaré

La deuxième étude, signée Mikael Beatriz et Louis-Alexandre Erb, s’intéresse à la mesure statistique des horaires. Dans une expérience aléatoire menée dans le cadre de l’enquête TraCov 2, les répondants n’ont pas reçu les questions dans le même ordre. Lorsqu’on leur demandait d’abord de préciser leurs horaires atypiques — travail de nuit, le week-end ou hors des horaires habituels, par exemple — ils déclaraient ensuite, en moyenne, 23 minutes de travail hebdomadaire de plus que lorsque les questions étaient posées dans l’ordre inverse.

L’écart est porté par les cadres et les professions intermédiaires, catégories où les horaires peuvent être longs et flexibles et où le télétravail est fréquent. L’expérience montre qu’un choix de questionnaire peut influer sur une réponse déclarée. Elle ne signifie pas que les personnes travaillent réellement davantage selon l’ordre des questions : elle met plutôt en évidence un possible effet de perception ou de rappel. L’étude de Beatriz et Erb invite ainsi à considérer la formulation et l’enchaînement des questions lorsqu’on compare des mesures du temps de travail.

Les métiers verts mobilisent des compétences spécifiques

Le troisième article se déplace en Belgique. Mikkel Barslund, Wouter Gelade et Geoffrey Minne croisent l’enquête belge sur les forces de travail avec une classification internationale des métiers verts et des listes régionales de professions en tension. Selon ces définitions, près de la moitié des emplois verts belges relèvent de professions considérées comme en pénurie de main-d’œuvre.

Les auteurs constatent que les compétences techniques et celles liées à la gestion des ressources sont associées à de meilleures possibilités de transition vers ces métiers en tension. Ils relèvent aussi que les travailleurs qui y accèdent connaissent des changements de compétences moins importants que ne le laisserait attendre la différence moyenne entre les profils de ces professions et ceux d’autres métiers. Ces résultats décrivent des liens et des trajectoires dans le contexte belge ; ils ne constituent pas une prévision certaine sur la disponibilité future de main-d’œuvre. L’étude de Barslund, Gelade et Minne dépend notamment des classifications et des listes régionales utilisées pour définir les métiers verts et les professions en tension.

Ce que ce numéro permet de conclure

Ces trois travaux ne décrivent pas une seule évolution générale du marché du travail. Ils montrent plutôt pourquoi l’interprétation des données exige de regarder de près la population étudiée, la méthode et la période : une reprise d’emploi n’indique pas à elle seule sa durabilité ; une durée déclarée dépend en partie du dispositif d’enquête ; et la définition d’un métier « vert » ou « en tension » repose sur des catégories construites. Le numéro apporte ainsi des résultats utiles pour comprendre le travail, sans effacer les limites propres à chaque étude.


Source : Tous les flux nationaux (hors séries chronologiques)

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