« C’est une foirade » : la rave party de Lozère fait long feu après une nuit galère à 1 350 m d’altitude
Neige, pluie, vent… Présenté comme un rassemblement pouvant accueillir jusqu’à 10 000 personnes, l’événement illégal, lancé ce jeudi 14 mai 2026, a finalement viré au fiasco sur les hauteurs de Saint-Privat-du-Fau.
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Le lieu semblait pourtant idéal pour organiser une énorme soirée en plein air. Un terrain plat, éloigné de toute habitation, avec différentes pistes à travers les bois. Pourtant, la free party qui a eu lieu à Saint-Privat-du-Fau a fait long feu. Des 1 500 participants recensés au plus fort du rassemblement, ils n’étaient plus que quelques centaines en fin de matinée, le lendemain, musique éteinte et pieds dans la boue.
« C’est une foirade, » confie un festivalier venu du Loiret. « Il y a eu des problèmes entre les organisateurs. Certains ont estimé que c’était trop dangereux de monter le matériel ici. Au départ, on devait avoir un truc de six mètres de haut. Ça devait être une rave d’ampleur… »
Dès 2 h du matin, les premiers découragés quittaient déjà les lieux.
Vent, neige et pluie
S’aventurer à 1 350 mètres d’altitude dans des conditions climatiques compliquées, avec du vent, de la neige, de la pluie et des températures négatives, s’est avéré peu raisonnable. Un petit mur de son a malgré tout été installé, permettant à certains de danser toute la nuit pour se réchauffer.
Cependant, le choix du lieu a suscité des critiques : « On n’aime pas quand on s’installe dans des endroits compliqués pour les autres. Là, on est sur des parcelles de pâturage, avec des barbelés. Après, les gens ont une mauvaise image de l’autogestion. »
Camions embourbés et voitures patinant, il était difficile de quitter les lieux. Des contrôles de gendarmerie étaient effectués sur tous les véhicules sur la piste menant à la RD989.
Quatorze points de blocage
La gendarmerie a mis en place un important dispositif pour contenir l’événement. « Nous avons eu le soutien de trois escadrons de gendarmes mobiles, soit 150 militaires, » souligne la colonelle Marie-Béatrice Tonanny, commandante du groupement de gendarmerie départementale de la Lozère. Leur rôle était de prévenir l’afflux de participants et d’assurer la sécurité.
Les accès ont rapidement été rendus « imperméables » grâce à 14 points de blocage.
Répression par l’argent
Les festivaliers ont dénoncé une pluie de verbalisations. « Il n’y a pas que la répression physique, il y a aussi la répression par l’argent. Certains n’ont pas les moyens de payer 135 € d’amende et se disent que, la prochaine fois, ils ne viendront plus, » déclare un participant.
Le préfet de la Lozère, Gilles Quénéhervé, justifiait les contrôles, précisant que des verbalisations avaient été mises en place pour des personnes en état d’ivresse au volant. Par ailleurs, six camions transportant un mur de son et divers matériels ont été saisis.
Alcool, cocaïne et kétamine
Les pompiers ont pris en charge six personnes durant la nuit. « Nous n’avons procédé à aucune évacuation. Deux d’entre elles s’étaient perdues dans les bois, » a indiqué le commandant Marc Toulouse, chef de la compagnie de Mende. Une septième victime était encore en cours de prise en charge vers midi, vendredi.
Finalement, en fin de journée, il ne restait plus personne sur le site, marquant un échec retentissant pour les organisateurs et une prise de risques significative.
Source : Midi Libre




