
Comment la Chine défie l’Amérique dans la course à la Lune
La Chine continue de renforcer son programme spatial, visant à établir une présence permanente sur la Lune d’ici 2035. L’Agence spatiale chinoise (CNSA) ambitionne de construire une base scientifique habitée près du pôle Sud lunaire, où des réserves d’eau sous forme de glace sont présumées.
Lancé en 1992, le programme habité chinois a connu un développement significatif, avec une quinzaine de missions habitées depuis le premier vol d’un astronaute, Yang Liwei, en 2003. En 2021, la station spatiale Tiangong, également connue sous le nom de Palais céleste, a accueilli ses premiers occupants.
Richard de Grijs, professeur à l’université Macquarie, souligne que le modèle chinois présente des avantages en matière de prévisibilité et de gestion des risques, comparé à l’approche occidentale, souvent influencée par des changements politiques.
La CNSA espère envoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2030. La Chine a déjà réalisé plusieurs missions robotiques sur l’astre, rapportant des échantillons lunaires. Actuellement, le pays teste un nouveau vaisseau, le Mengzhou, qui remplacera le Shenzhou. De plus, une nouvelle fusée, la Longue Marche-10, est en développement et a effectué un vol à basse altitude en février 2023.
La construction de la base lunaire devrait utiliser des briques fabriquées à partir de sol lunaire, grâce à des imprimantes 3D. Cette technique sera testée lors de la mission robotique Chang’e-8, prévue vers 2028, et une version élargie de la base est envisagée pour 2040. La Chine développe également une constellation de satellites, nommée « Queqiao », pour soutenir ces activités.
Bien que la Chine ne se considère pas en compétition directe avec les États-Unis, des experts comme Jonathan McDowell soulignent que l’établissement d’une base lunaire par la Chine représenterait un défi pour les capacités américaines. Actuellement, la Chine est jugée « derrière les États-Unis » en matière de vols habités, avec des vaisseaux comme Dragon et Orion qui surpassent les capacités du Shenzhou.
Enfin, la CNSA envisage que la base lunaire serve à valider des technologies pour des missions habitées vers Mars après 2040, bien que des projets concrets vers la planète rouge ne soient pas attendus avant l’atterrissage sur la Lune.
Source : CNSA, Université Macquarie.






